dilluns, 26 de desembre de 2016

lo film dau camin - le film du chemin

Lo filme d'un camin.
Prologue: l'achat du maset à Nîmes.
L'accident de train avait été terrible.  Jules Géco - qui travaillait à Nîmes - avait dû s'arrêter là. Un soir de féria, dans l'odeur du vomi ambiant, dans une féria envahie par des règles de sécurité, il s'était échappé en haut, en garrigue. Sur le quartier de la Croix de Fer, sous la pleine lune à la longue vue, il avait remarqué un maset modeste. L'ancien Nîmois redevenait amoureux de sa terre.  
L'agrégé de lettre enseignait à Avignon mais le niveau de ses étudiants - disait-il - le désespérait. L'idée serait d'investir dans une maison envahie de livre qu'il ne partagerait qu'avec les plus curieux. Ses parents vieillissaient. Il rêvait d'une donation. Fils unique, on lui promettait bientôt.

Episode 1
Le corps mort et portrait de Jules Géco- Le narrateur omniscient sur son clavier nuage - la fuite en avant - une promesse de Catalogne - portrait d'un jeune homme fuyant - portrait d'une jeune femme fuyante.

Qui est ce cadavre vaseux qui git au milieu des marais? Gonflé d'eau et de sel cuisant qui pique, cuit tes narines? Moi qui ai tout vu, du haut de mon clavier- nuage, je vais te l'introduire, comme disent les Anglais. Il s'agit du pauvre Jules Ugéto, le propriétaire de la manade Chaume. Un bon manadier qui gérait ses hommes et ses bêtes avec bienveillance et d'une intelligence assurée. On aimait son mas qui, au milieu de nulle part, se tapissait des grands livres des plus grands félibres qui avaient donné des noms concrets et réels à la terre et aux outils. Ses servants - tous masculins -  se soumettaient à sa culture et à ses ordres. La force de cet homme est qu'il n'aimait pas s'entourer, tu vois, d'hommes-écrans, d'hommes sans humanités, sans la connaissance des belles lettres. Il ne voulait plus de ces gosse immatures de vingt ans qui ne savaient que gratter les écrans. En deux-mille seize, tu vois, ça demande de l'exigence et un bon casting. Les jeunes cuisiniers et hommes de compagnie n'avaient pas, ne pouvaient pas entrer à Chaume avec un smart phone. On  ne t'embauchait pas si tu gratouillais, si tu vibrais, textotais, facebooquais et tout le reste. A l'entrée, accroché sur le mur de chaux, se trouvait un panier en osier où tu posais ton portable et ton cerveau embrouillé. Mode Avion? Non. Tu l'éteignais. Pas la peine. Rien de négociable. Le patron pouvait entrer dans une rage folle. Il piétinait  Téléphoner était interdit. On devait ouvrir son regard-cinémascope au spectacle de la terre qui s'ouvrait avec le ciel, qui se fissurait en de profondes cicatrices comme sur les terres africaines assoiffées, ces terres qui se craquelaient longtemps, longtemps, jusqu'aux marais roses de sel, parfois mousseux, toujours nauséabonds et stagnants.
Le corps mort gonflé 
Puis il se mit à courir. La chemise en sang au milieu des taureaux. Les près du Cailar dégorgeaient de rosée. Julien Flacon était