dimecres, 20 d’abril de 2011

sète

De retour avec les parents sur Sète. Une des dernières villes portuaires et authentiques que je connaisse. L'autre jour en y retournant j'ai entendu une dame au francitan impeccable. Moi qui croyais qu'on était tous morts. Sur le bout du quai je découvre une belle boutique: Aqui Sian Ben. Il me semble avoir déjà connu une telle boutique, du même nom, à Vaison-la-Romaine. Va savoir si cette galerie existe toujours. La pancarte, en graphie mistralienne, nous rappelle l'existence de la langue et sa présence rebelle mais aussi commerciale. Le provençal fait vendre. Va savoir quels objets exotiques se cachent derrière ce rideau de fer froid? Aqui Sian Ben que mon grand-père utilisait avant de s'asseoir et de dévorer sa rouille, sa soupe d'herbes ou tout ce qui dépassait sur la table. Et qui se calait en soufflant, en signant le pain. Aqui Sian Ben. Comme une exclamation, une interjection soulignent le plaisir de vivre. Aqui sian ben. Je comprenais cette phrase sans avoir appris la langue. Sète, au provençal maritime. Sûrement celui qui se rapproche le plus de nos parlers de bord de mer: Sète, Le-Grau-du-Roi et Marseille. En tout cas, j'aime la pancarte: elle nous raconte des tas de choses.