dimarts, 27 de desembre de 2011

Entre la poire et le dessert

Cette envie de sortir soudain brusquement. Ca arrive entre la poire et le dessert.
Je regarde Yann Barthès. Je ne sais plus rire, ni me concentrer. Je suis cerné par ma fatigue, l’accumulation de trop de tâches administratives et la non
reconnaissance de Monsieur Mimosa, le chef, cette poigne de fer et de
clous qui ne me dit jamais merci et aimerait bien me voir dégager
car mes voyages sont trop culturels, originaux et ne rentrent pas
assez dans les statistiques et les exigences de l’agence, ça me
les brise menu menu, parce qu’avant lui j’étais le roi, recruté
pour être la vitrine de l'Entreprise. J'avais vingt six ans et je
brillais par mes excursions inventives, linguistiques et culturelles
en Catalogne et Occitanie. Maintenant j'ai dix ans de plus. Ceci
explique cela. Les voyages dans mon Grand Sud fantasmé ne fait plus
rêver les clients du pays. Les bobos ou les vieux préfèrent New-York ou les
Antilles. Pas un voyage adapté à une problématique intellectuelle comme je les kiffe.
Puis l'époque, ma pauvre dame, est plus à la rentabilité, mes
inventions restent des inventions tamtamnesques. Et après
quelques années d'essai où je croyais parvenir à une certaine
quelque chose, je baisse les bras pour m'abandonner au quotidien.
J'ai tout quitté pour travailler ici. Même mon seul amour. Pour le salaire, les
promesses d'avenir. J'ai investi cette ville noire aux idées étroites, cette ville que je baptise de mon nom, Ville de Tam, pour pas qu'on me demande des comptes quand on lira ceci. Après dix ans , je me vois toujours en transit. Alors moralement je te demande: comment peut-on passer au statut de « fils préféré » à celui de l'employé déchet? Cette question noire me ronge, me glace les os, la
conscience, le crâne. Fait exprès. Je suis sûr que c'est fait exprès. Une pression psychologique pour abandonner le taff. Comme ils font à La Poste ou à France Télécom.
Devant ma télévision, mes paupières se rouillent. Mauvais coma. Je n’ai rien à échanger, ni personne qui peut me tirer de mes propres préoccupations par le rire, l’envie ou le désir. Les plateaux – repas –télé ça me connaît. Je
vais te dire : c’est drôle un soir la solitude, mais tu l'apprivoises jamais. C'est drole le premier soir. Ensuite tu balises.
Mais tu m'excuseras. Des bruits extérieurs me sortent de ce long monologue paranoïaque. J’entends piétiner contre la baie de ma véranda-balcon. Cette fois, c’est sûr, y a quelqu’un. J’ouvre. Long rideau. Rideau long. Long rideau. Rideau
long. Tourne. Retourne la manivelle. Froid glacé de décembre et deux chaussettes orphelines qui se balancent sur le fil du sèche-linge. Les mois de décembre fatiguent. Je me renferme. Long rideau. Rideau long. Long rideau. Rideau long. Tourne. Retourne la manivelle. Je ne peux plus voir cet appartement. Soudain je l'ai en horreur. Je redescends affronter le froid, le parking et mes peurs parano. Mon coeur bat très fort. Je crois que j’aime ça, me foutre la pétoche. C’est quelle heure ? Neuf heures ? Neuf heures et quart ? A mourir pour mourir comme chantait Barbara. Et je marche. Je marche. Buée froide et blanche de mon souffle. Je ne sais pas où je vais. Ma fuite en avant me guide, me pousse, me propulse comme un
aimant attiré par le désir de voir quelqu'un à un endroit précis. Eclairage orange public. Les murs noirs de pollution. Le couvre feu des cafés le soir noir noir noir. Faudrait pas que la population se rencontre. Tout éteindre. Ne pas faire vivre la ville la nuit. Même pour les ouvriers fatigués qui aimeraient se rencontrer un soir. Décret municipal: fermez les estanquets. On cachera nos alcooliques. Surtout bien fermer les cafés à sept heures. Ville de Tam, tu m’exaspères. Et je marche encore
pour tomber, par hasard sur cette allée où tel un troubadour instinctif je m’arrête. Je suis devant la maison Bouygues de Saucine, de son moutard et de son sale mari. Les fenêtres ouvertes, on peut pas dire que ce soit décoré avec goût. Non. C’est décoré, peuchère, avec économie.
Meubles de chez Confo ® en plastique, très vite montés. La voix mâle de son ignoble mari (un beauf à la Cabu, chanterait Séchan) fait vrombir les murs. Je les contemple dans la lumière jaune. Tu le crois. Il lui beugle dessus à cause d' une histoire de cendrier. Dans sa colère affreuse, il bégaie, postillone, répète les mots cent cinquante fois. Au moins.
- Mais non, putain,je les mets pas sur le tapis, les cendres! Puis, puis, puis si tu les vidais les cendriers régulièrement et si, et si, tu les remettais
bien, là, là, là à sa place, la, la maison serait pas si, si, dégueulasse. On vivrait pas dans la poussière. Ah! La! La! Ah! La! La! Ah! La! La!
Ma Saucine c'est une éponge. Elle a la politesse de s'adapter à la personne qu'elle
a en face. Peut-être un truc de secrétaire. Elle adapte son langage et ses attitudes. Cette femme vulgaire, est-ce bien elle?
Insupportable de la voir ainsi:
- J'ai pas le temps figure toi, con. J'suis pas ta boniche, avec le taff...
- Ah! Parlons-en, parlons-en du travail, t'es pas obligée de bosser.
- Et le gosse qui c'est-ti qui le nourrit le gosse? Hein? Hein? Hein? Le gosse?
Ah. Tu vois rien d' original. Ces deux là te tombent bien dans le cliché du quotidien franchouillard. J'ai l'impression délicieuse et désespérée d'être le voyeur devant une daube de TF1. Casting réaliste et réussi. Ecran 16/9. L'écran 16/9c'est cette fenêtre éclairée qui les encadre. Le plus triste est de constater que la téléréalité ressemble à la vie. Ma Saucine,pourtant, si un jour tu décidais de quitter ce fou pour moi tu ne passerais pas le premier essai tellement ton physique reste singulier. Je te vois tout droite sortie d'un film d'hollywood des années folles avec tes belles gambettes et tes cheveux bruns, tu pourrais me danser le charleston. T'es pas Loana. T'es la classe. T'es une fille très grande qui se la joue parfois avec ses strings très fins sous tes juppes blanches transparentes. Bien sûr nous n' eûmes qu'une relation de placard a balais. Mais comme dans les pop songs américaines j aimerais tu devinsses ma baby, be bop a lulha. Enfin je parle, je parle mais je commence à me les geler sec sur le gazon. Je suis le chevalier occitan, plus tard je t'enlèverai d'ici. Mais ce soir, ce n'est pas l'heure. Tournant le dos à la violence, je me rentre dans le bruit des meubles déplacés, (idéal pour parer les coups le buffet fait bouclier), le tintamarre de la vaisselle qui vole, les cris masculins de bête. Merde mais ce qui m'arrache plus le coeur, c'est le moutard qui commence a chialer.
Des cris de bête, j'te dis. Un jour je t'épargnerai tout ça. J'te jure.

A Suivre...
Lisez les premiers épisodes du feuilleton en cliquant sur: "Vilo de Tam".
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dilluns, 26 de desembre de 2011

La beutat en Turquia



Uèi òmes e femnas d'aquí (mai que mai dins lo barri modèrn) son pivelats per una certa classa
vestimentaria.
Lo blingbling a pas de frontièra, leis aparéncias comptan.
Dempuèi la nuech dei temps leis òmes e lei femnas aiman de se faire bèu.
Me rementa una istòria ligada a la mòrt.
Au nivèu culturau, mercés a Iva Roqueta, ai descubèrt a la debuta deis annadas 2000 un libròt estrambordant: leis istòrias de Nasreddin Hodja lo personatge popular de Turquia e dei país orientaus adaptat en peça de tiatre(lo libre es en occitan, castilhan e francés).
Nasreddin es un vièlh personatge, messsorguier, missant, rachon. Seis istòrias absurdas, ironicas son mai que mai una critica de l'umanitat.
Au nivèu deis aparéncias vestimentarias, justament, ne vaquí una que m'agrada:
Nasreddin Hodja, malaut grèu, dèu gardar lo liech.
Vesènt que son mau venpièger cada jorn, sona sa femna:
- Femna,vai, carga tei vestits nòus. Pencheneja te, pimponeja te, fai te polida e vene t'assetar pròche de ieu.
- Mai coma vòls que me faguèsse polida mentre que siás malaut? repoteguèt la dòna. Coma Nasreddin Hodja ensistissiá, li demandèt la rason. Alòr li diguèt ansin:
- Quora Azrail, l'àngeu de la mòrt, vendrà me prene, en te vesènt polideta, ben vestida, benlèu que li agradaràs e que tombarà amorós de tu. Alòr te prendrà a ma plaça.
Sòrgas:
Ives Roqueta, Leis aventuras de Nasr-Eddin,CRDP Miegjorn Pirenèus.
Collectiu,
Histoires de Nasreddin Hodja, Silk Road Touristic Publications, Ḯstanbul-Türkiye.

diumenge, 25 de desembre de 2011

Istanbul e sei tèulissas dessenhadas




Te mène sus lei tèulissas dei restaurants. Dominam lo tot Istanbul: lo modèrn e l'antic desseparats per lo flume dau Bosfòr. Amondaut reconèisse lo dessenh d'un artista (jove surament) fòrça present dins lei carrièras brancadas de la ciutat e mai que mai dins l'avenguda bèla consacrada ai mestiers de la musica. Son simbèu, sa signatura: un punh levat e jaune. Una mena d'indignacion benlèu. Sabe pas coma l'interpretar. Me pivela pasmens de pensar lo dangier qu'a corregut per pintar aquò amé perfeccion. Qué ne pensas?

Lo trabalh de l'aiga me fa pensar a tei lagremas







L'Aiguièra Basilica es la mai granda
resèrva d'aquesta mena a Constantinople (78000m3). La máger
dei colonas que la constituís
son de trofèus tornats dei guèrras contre lei Gregaus e lei Romans.
L'endrech es dedicat a Medusa, punida de son amor per Zeus. Lei colonas que
ploran m'evocan lo marrit sòrt
que li es gitat. Coma se lo membre misteriós
emplenat d'aiga èra lo còs de la gorgona mortala. Vé! Agacha aquesta colona! Es de carn umana
e la de l'autre mand sembla de la carn de sèrp. Sèrps que cubrisson
son pèu. Segur: se passejam au dintre malaut de Medusa. A la fin de
la passejada, la tèsta es quichada, revirada per una colona de
pèira. Condamnada se pòu pas plus desliurar. E l'aiga que s'agota
pauc-a-cha pauc fan pensar a de lagremas sens fins que calarián pas
jamai.