divendres, 1 de juliol de 2011

l'actritz es morta, visca lo cinèma mondiau!


Quand l’annonce d’une actrice décédée prouve que nous sommes vivants. Treize heures. Petit déjeuner espagnol. Je m’arrête à une terrasse ombragée pour un caffè americano. Je sais, on me dit, que face à la mondialisation j’ai peu de chance ici de trouver l’existence et l’influence d’une culture française ou occitane. Plus dramatique : la civilisation du pays intérieur disparaît progressivement en son propre territoire. Parler anglais et manger américain s’impose comme une fatalité européenne. Je dois nier qu’il existe d’autres cultures. Bref. Je m’appauvris. Et je dois renoncer à la richesse d’une bi nationalité. Ces règles générales dressées par nos médias ou politiques nombrillistes ne sont heureusement détenues par personne. Rien n’empêche l’influence des artistes qui gèrent le monde et le cassent pour le fabriquer à leur image. Tels des dieux décalés un peu fous. L'Art, vert paradis, n'a pas de frontière. J'enfonce les portes ouvertes. On le sait.

Finalement, je ne suis pas conscient, au jour d’aujourd’hui que la culture française puisse influencer le monde. La mort d’une très belle actrice découverte dans le journal du pays, en plein page, me fait mentir. Elle me raconte un pan de l’histoire du cinéma que j’ignore ou que je fais semblant d’ignorer depuis que je m’intéresse aux Arts Visuels. La « nouvelle vague ». Truffaut. Chabrol. Godart. Les premières caméras dehors. L’improvisation. La folie d’une jeunesse. L’inspiration du néo réalisme italien. Peut-être de Marcel Pagnol. Blablabla. Tout cela n’est que cocorico de cette belle histoire française. C’est du niveau : « nos ancêtres les gaulois ». Une mythologie qui se la raconte. Qui se souvient aujourd’hui ? Et si les brillants écrivains de cinéma ou les professeurs des facultés en sont fiers, n’est –ce pas dû à leur nationalité franco-française ? Je suis français. Je lis français. Je regarde et je vante les mérites de l’Art français. Bienvenue chez les quiches. Ça m’emmerde. J’exagère. Je divague. Les doux poètes qui m’enseignent le cinéma n’ont jamais défendu une nationalité sinon le beau pays universel (je ne dis pas « universal ») du cinéma. S’ils avaient tenu des propos localistes, j’aurais démissionné très vite. « Mais enfin, me dit ce journal castillan, le cinéma hexagonal a bercé l’Europe mon pauvre Tam. Voilà ce que te raconte l’actrice morte retrouvée noyée dans sa piscine. Et si le corps ne veut plus flotter, il faudra bien un jour ou l’autre qu’il remonte. Même attaché par une chaine à un lourd fauteuil de cinéma en velours rouge » Oui. La voix off de ma conscience a raison. Par le sordide fait divers, l’actrice remonte à la surface de nos souvenirs. N’est-elle pas la première maîtresse du pauvre Antoine Doisnel annonçant une saga marquante d’un « certain cinéma français » ? Les quatre cent coups. Antoine et Colette. Marie-France (nom prédestiné pour cet article) se rappelle aujourd’hui à la surface de nos plus beaux souvenirs. Dans un journal étranger. Dans une petite ville provinciale espagnole. Ce n’est pas un fait divers. C’est une pleine page. C’est très important pour les spectateurs d’aqui. Oui. C’est elle, magnifique. Superbe portrait. Et je vois par cette mort, le signe radical d’un dernier engagement féminin. Se rappeler à nous comme le cinéma européen se rappellera au monde un jour ou l’autre.


Grâce à Marie-France on retrouve un cinéma mondial et non mondialisé... "Un film tourné dans cinq pays!" annonce fièrement le générique. On garde les sous-titres en anglais pour montrer sa forte influence.

lo Palafox: un cinèma de Saragossa