dissabte, 24 de febrer de 2007

Aile Noire épisode neuf

Julia, de loin, la grosse Julia sentit physiquement ce détachement. Elle eut mal au ventre mais cria à son fils : « Allez !Basta ! Du vent ! Pars ! Pars ! Ne me dis plus rien ! Il te faut grandir tout seul maintenant ! Pars ! Pars ! Cet amour que j’ai pour toi, il est pas bon ! C’est pas sain ! Les filles, ici, elles se moquent de nous ! Et puis…. Va ! Pars ! Pars ! Basta !…. Je ne sais pas si je t’aurais autant aimé autant si... si... tu n'avais pas été le seul... Allez ! Basta ! Tu reviendras me voir de temps en temps !… Quand tu auras le temps... Pour me faire plaisir… Ca suffira… Il faut que tu me tues… Il faut que tu me quittes ! ». Et Joseph suivit Andréa, impressionné d'abandonner sa chambre d’enfant. Julieta petite femme italienne qui ne savait pas pleurer ne le revit jamais. Elle l’attendit des journées dans sa maison close, assise parfois sur son tabouret quand elle se retrouvait seule, à la fermeture. Elle ne montrait jamais comment cette séparation la vieillissait et la rendait malade. Au bout de quelques mois d’absence elle referma le piano à clé et ne chercha plus de pianiste pour le remplacer. Il fallait passer à autre chose. Maintenant, au Julia’s, on faisait l’amour sans fond musical. Voilà. C'était comme ça. Les clients s’en moquaient : ils ne venaient pas pour la musique. La femme s’endurcissait, décidait de ne plus s’attacher aux gens comme aux choses. Car la perte d’un fils… Vous savez…. L’heure ne serait plus aux confidences, elle mènerait ses petites nanas comme des ouvrières et baillerait quand la musique lui manquerait… Elle regardait ses filles monter et descendre… Elle écoutait le bruit étouffé des talons et des bottes sur les tapis sales. « Le piano restera – sans doute – éternellement sous la poussière rouge du cabaret, pensait-elle, en comptant sa caisse. Mais tant pis… Tant pis... C'est comme ça... C'est la vie... Tôt ou tard on tue sa mère... Ne me racontez pas d'histoires... C'est dans toutes les histoires et c'est ainsi."

A suivre...

cantaira

Sosten de la cantaira Olivia Ruiz a la Protesta "Anem Òc !"
OLIVIÀ RUIZ : ANEM ! ÒC !
La cantaira Olivià Ruiz, dròlla de Marselheta (Aude), al còr del país de la lenga d’Òc, e que manca pas una ocasion d’escotar las realizacions dels Fabulous Tobadors ven de faire part de son sosten a la Crida de Besièrs e a la manifestacion del 17 de març en mandant a l’IEO-Aude una aficha bèla amb sa signatura : « Per la lenga d’Òc, Potons. Olivià Ruiz »
M'agradan lei cantairas!

dijous, 22 de febrer de 2007

Aile Noire Episode Huit

Aile Noire épisode Huit


Sa mère l’adulait. Elle le gardait égoïstement. Elle le trouvait beau. Elle le trouvait grand et bon musicien. Elle lui disait que si elle était une fille de son âge, elle se marierait immédiatement avec lui. Mais aujourd’hui les goûts ont changé, les dames ont perdu les valeurs et ne remarquent pas les hommes bons, bien éduqués et fidèles. Elle entretenait avec cet adulte des relations d’enfant. Elle tremblait pour lui lorsque qu’elle ne le voyait plus, pouvait rester une nuit sur le trône si son enfant roi découchait. Il ne pouvait quitter le lupanar sans entendre la matrone lui demander : « Où tu-vas ?… Et tu rentres à quelle heure ?… Tu me feras dire si tu rentres pas ?… Tu me le diras si tu rentres souper ? ». Il ne la quittait plus car il ressentait ses angoisses. Cela le rendait malade, mangé par ses peurs. D’où son teint enfumé.


Andréa rejoint le pianiste, l’embrassa, et lui dit :
- Joseph, j’aurais besoin de tes services… Je suis venu te chercher… Ca me fait mal au cœur de te voir crever dans ce trou…. Tu gaspilles ton talent…. Tu sais, je fréquente une belle et jeune fille qui chante merveilleusement bien : Aile Noire…. Et en ce moment, on a un grand succès… Tu dois la connaître.. Elle fait un malheur dans les cabarets… Mais elle sent son univers musical limité alors elle cherche un pianiste… J’ai pensé à toi… Tu serais la personne idéale…
- Ecoute, tu crois qu’à mon âge, je pourrais commencer une nouvelle vie ? J’ai mes habitudes ici…
- Tu as entendu parler d’Aile Noire ?
- Aile Noire… C’est une nana que tu as sortie du ruisseau... Tout le monde en parle ici… Tout le monde chante sa chanson… « Tout mes trucs, Tous mes Trucs »… C’est elle que tu fréquentes ?… Ah ! Ben ! Mon cochon !
- Elle promet ! Elle promet ! J’ai des contrats, des théâtres, des accords avec la presse…. Allez Joseph ! Laisse tomber ton clavier et regarde moi, là, droit dans les yeux !… Moi, je vais te faire une confidence… Moi, je vais te dire tout honnêtement… Car tu es mon frère… On a grandi ensemble… Et bien je sais ce que tu vaux, et ça me fait mal de te voir mourir ici…Tu vois, j’ai toujours été chagrin de te voir te démolir dans cette ambiance de tabac et de femmes de mauvaise vie… Ferme le couvercle de ton piano et écoute moi bien. Bien. Voilà. Parce que c’est important. Tu es ma chair, la chair des Biancone-Alberto, et je souffre dans ma peau quand je te vois comme ça. Sans te l’avoir dit ça fait longtemps que je travaille pour toi. Que je cherche à mettre à jour ta virtuosité. Aile Noire, je l’ai choisie pour toi. Tu es la personne idéale. On se la partagera, en famille. Toi, moi, moi, toi. Et elle, elle sera notre création. Et on aura de l’argent. Beaucoup de femmes et beaucoup d’argent. Je te fais confiance, tu as un talent d’artiste que je n’aurai jamais. Et.. Oui... Oui... Je te fais confiance...»
« Je te fais confiance ». Deux fois. Voilà ce que Joseph attendait. Il se libéra immédiatement de ses inquiétudes et décida de quitter la mère.

En cliquant sur Labels, puis AILE NOIRE, vous retrouvez tous les épisodes précédents sur la même page... Me dîtes pas que c'est pas vrai???

A suivre...

La mostra de Delfilm


Lo libre dins la pèu se dubris a la prima. Vos aviau parlat de la Delfilm, la religaira de libres. Son talhier se dubris ara en totei leis artistas que li agradan. Siatz convidats!

www.reliure.fr
www.brigitte-bergeret.com

La mostra de DELFILM!

Delfilm
vos convida
per festejar la prima e l'agrandissament de son talhier

Mostras de pinturas e de fotografias

Dissabte 17 de MARS de 2007
à 6 0 30

Lo jorn de la prima:
Dimècres 21 de MARS de 2007
à 6 0 30
Presentacions de religaduras, aisinas e tecnicas au t alhier.
vernissatge e aperitiu.


LE LIVRE DANS LA PEAU EXPOSITIONdu 17 au 31 mars 2007 . Prolongation à l’atelier jusqu’au 30 avril 2007 . Tous les jours 10h30 /13 h15h / 19h et sur rendez-vous Le Livre dans la Peau. 4 et 7 rue de la Fontaine .SAINT QUENTIN LA POTERIE. 30700. CONTACTS 04 66 63 12 05 - 06 82 15 50 06 www.reliure.fr

overtime

Overtime es una meravilha negra e blanca descuberta pendènt la festenau de films cortets de Clarmont. Quora lei mariotas prenon lo poder sus la vida... Dona aquo... Entre Greemlins e Muppets, lei mariotas an la gracia. De descubrir sensa relambi, aqui:

Sorga: Vist dins lo doble dvd:
Expérience(s) O1, Festival de Clermond-Ferrand, Festival Némo, Repérages/Artmalta/Sauve qui Peut le Court Métrage/Arcadi, 2005.

Lamièu e lo Borbon


Vaqui un article escrich per Dominique Kalifa dins lo Liberacion dau dijous 22 de febrier. Explica coma la politica es transpausada dins lei romans de Stendhal.
Sorga: Dominique Kalifa, Lamiel et Le Bourbon, in Liberation, jeudi 22 février 2007, pagina VIII.

Les «romanciers du réel» constituent le terrain de chasse de Jacques Dubois. Chez Balzac, Zola, Proust ou Simenon, il traque de longue date les marques de socialité qui organisent ou travaillent le récit. Bien qu'inscrite dans l'imaginaire et le parcours d'individus singuliers, la société demeure, en effet, la grande affaire du roman à compter du XIXe siècle. Mais parce qu'elle opère dans la fiction et ne se réclame d'aucun programme explicite, cette sociologie empirique suppose, pour émerger, un travail d'abstraction et «de mise à distance des scénarios sensibles». C'est à une telle opération que s'est livré Jacques Dubois sur les cinq romans de Stendhal : le peu connu Armance (1827), les très célèbres Rouge et le Noir (1830) et Chartreuse de Parme (1839), et les deux inachevés, Lucien Leuwen et Lamiel. Stendhal y apparaît non seulement comme un fin sociologue, mais aussi comme «l'un des rares romanciers politiques qu'ait connus la France».
Le point de départ peut sembler classique. C'est de l'écart, nous dit Dubois, entre l'étroitesse de l'espace social et l'intensité des pulsions personnelles que naît la dynamique romanesque. Le contexte, on le sait, est déprimant. Pour tous ceux qui, comme Stendhal, ont vibré au rythme de l'épopée impériale, la Restauration et la monarchie de Juillet (ou leur transposition dans le duché de Parme) n'incarnent que la petitesse : société bloquée, régime immobile, culte de l'argent, l'Histoire en creux en quelque sorte. En face, le romancier met en scène «le cercle des primitifs» : des êtres hybrides, imprévisibles, contradictoires, mais doués d'une énergie brute qui les pousse au coup de tête ou au coup d'éclat. Ils vivent mal leur inscription sociale (Julien Sorel porte sa croix de fils de charpentier, Lucien Leuwen de fils de banquier), aspirent à la reconnaissance et sont vite portés à transgresser les barrières de classe. C'est donc par eux que le scandale arrive. Mais le verrouillage du jeu social et politique ne leur laisse guère de latitude. Seul l'espace amoureux est alors disponible. La rencontre avec des «primitives» du sexe opposé, elles-mêmes victimes d'un autre type de carcan, transfère le programme initial dans le champ des relations intimes. «Le politique qui paraissait barré à jamais fait retour au titre de refoulé de la passion», l'amour devient un terrain de luttes sociales, l'érotique une politique. Qu'elles se prénomment Armance, Mathilde, Clélia ou Lamiel, les femmes radicalisent l'action et bousculent au passage les configurations de genre. Ce sont elles qui accomplissent les gestes décisifs, dynamitant dans l'acte sexuel les hiérarchies et les institutions : pensons à Clélia faisant l'amour à Fabrice dans la cellule de l'Obéissance, au coeur même de la forteresse du pouvoir. Stendhal fait ainsi de la passion amoureuse le lieu même de l'opposition politique, où les femmes entraînent les héros dans des actes de profanation symbolique.
Subtile et argumentée, la lecture de Jacques Dubois découpe dans l'oeuvre de Stendhal une sorte d'intrigue princeps où se lisent en effet une conscience acérée du social et un profond désir politique. Une lecture qui ne dit peut-être pas «la vérité du texte», ni ce que furent les appréciations des contemporains, mais qui réactive l'écriture de Stendhal à l'aune de nos interrogations et s'assume clairement comme «lecture d'aujourd'hui». Façon de rappeler sans doute toute l'historicité de l'analyse critique.


Aquo es lo raport de lectura que fa Dominique Kalifa sus un libre de Jacques Dubois, Stendhal. Une sociologie romanesque. La Découverte, 251 paginas, 23 euro.

dimecres, 21 de febrer de 2007

Aile Noire: Episode 7

Incapable de couper le cordon, le quadragénaire se rêvait musicien. Il avait échoué. Ce n’est pas qu’il jouait mal. Non. C’était même un virtuose. Mais on l’avait toujours refusé pendant les auditions. Son accent italien et son teint grisâtre gênaient. Les directeurs de théâtre le trouvaient « peu présentable » et sa façon de parler un français approximatif le rendaient détestable. Malgré cela, il réussit pourtant à joindre l'Opéra Garnier mais lorsqu’il se retrouva dans la fosse d'orchestre il fut pris de coliques. A son retour, il retrouva la mama alitée, entre la vie et la mort qui bégayait : « Mon petit ! Mon petit ! »


Julia, la brave Julia, la mère de tous ces jeunes filles mi-nues, était consciente de son égoïsme. Quand elle vit arriver Biancone, elle eût un battement de cœur. Elle se vit sauvée :


- C’est le grand jour Andrea. Tu es venu me le chercher. Je le sens. Tu fais bien. Je l’aime tellement mon fils que je vais finir par le tuer. Si tu l’emportes avec toi, dis-lui qu’il vienne de temps en temps nous embrasser nous et les filles, oui, dis-lui qu'il revienne nous voir. Que ça suffira. Emporte-le moi. Je ne veux pas qu’il pourrisse ici. Je vais me tenir. Je resterai fière. Je ne pleurerai pas. Mais emporte-le moi, pour lui, je t’en supplie.


- Je te promets, Julia, que si Joseph part avec%

dimarts, 20 de febrer de 2007

Buster Keaton is back


Qué? Tornar vèire un filme en negre e blanc? Mut? Amé de musica modèrna??? Dins lei condicions dau cinèma de meis àvis? Ié vau ara!

Iscla Borbon 1730




Falia pas anar a la libraria CHNAPS de la vila d'Agradà. Ai fach una razzia sus lei libres e vaqui ço qu'ai trapat e ço qu'ai legit: Lewis Trondheim: Ile Bourbon 1730. Coma vesètz, lo monde s'es arrestat de virar. Trondheim es un dieu. Aici quaquei paginas e lei dessenhs que n'en siau caluc. Co que me plai es lo costat "libre de piratas" e fulheton. Sensa parla de l'escenario...
De legir sensa relambi! Vous aconselhe tanben Leis aventuras de Lapinot. Crese que Pichenettes sus lo mode prostian es lo melhor.

Fresca de la vila Agradà



La vila Agradà es clafida de frescas ancianas. Vaqui ço qu'ai trapat dins leis ostaus desobrats.

dilluns, 19 de febrer de 2007

Aile Noire: Episode 6



6. Où l’on se trouve un pianiste.

La jeune trouvait difficile de chanter tous les soir à capella. « Un jour où l’autre je perdrai ma voix, Andréa. Si cela continue, je sens que je vais en mourir. L’autre jour, un type du fond a crié : « Plus fort », et je me suis exécutée pour lui plaire. Et j’y suis arrivée. J’en suis à mes débuts, je ne dois jamais décevoir. Mais l’exercice est périlleux. Je crains chaque jour l’extinction. Pourquoi ne prendrions-nous pas un pianiste pour m’aider un peu ? Cela me soutiendrait. Puis nous gardons maintenant assez d’argent pour en payer un. Et il m’apprendrait le solfège. Allez Andréa ! Dis-moi oui ! Si on veut continuer tous les deux il faut que j’améliore mes connaissances musicales. S’il te plaît, Andréa, mon Dédé, trouve-moi un musicien. » Andréa écouta ses arguments qu’il trouva très bons.

Il alla quérir un pianiste de sa connaissance chez sa tante Julieta, la maquerelle de la place du Tertre. Il lui fallait quelqu’un de confiance, la personne rare qui partage tous ses secrets, ses tours de travers, un gars qui ne moufte jamais. Il choisit évidemment de rester dans la famille et prit le cousin Alberto !

Joseph Alberto était un Italien au teint gris qui avait une admiration démesurée pour Biancone, une affection incroyable, une soumission naturelle qui dépassait le lien familial. Depuis l’enfance, ils s’étaient tout dit, avaient tout partagé, les filles, les chambrées, les découvertes en tout genre. Les deux fils uniques, comme deux frères, s’étaient juré de ne jamais se séparer, de réussir ensemble. Ils avaient juré en crachant en cachette dans les latrines de la cour de récréation. Et depuis leur arrivée en France, ils se rencontraient souvent. Mais, il faut le dire, Il Sensuale réussissait plus que son cousin.

Ici, dans la maison close de la Tante Julieta, la mama payait son fils Joseph pour l’ambiance musicale. Dans le hall d’accueil rouge de la maison close, le piano de Joseph, Joseph Alberto, accompagnait le client jusqu’à sa chambre. Les Filles dandinaient du fessier, en montant l’escalier sur des airs de valse simples ou de polka faciles. La musique de Cousin Joseph couvrait les voix et les râles d’amour, les entrées, les sorties, les montées, les descentes d’escalier. Joseph faisait la musique de fond du bordel et c’était son métier. Il cachetonnait ainsi pour se payer une gueuse en fin de soirée. L’homme de derrière pianotait sur un piano droit aux touches cariées, dans un son de saloon désaccordé, une cigarette incandescente au bec.


A suivre...
Les premiers épisodes sont dans les archives de ce Blog.


diumenge, 18 de febrer de 2007

Moka de la lune.


Voilà la chanteuse Thérésa qui débuta au Moka, rue de la lune. On y rencontrait des artistes et producteurs connus comme Goubert et Lorge qui commandent chansons et numéros pour leurs cabarets: l'Alcazar et l'Eldorado.

Aile Noire: épisode 5: où Paris se fait en un jour...


Episode 5: Où Paris se fait en un jour.

Il Parigiano Sensuale dénicha les meilleurs théâtres. Au café concert la nouvelle chanteuse braillait sa chansonnette dans la position d’un pichet, les deux bras autour des hanches. Elle ne répétait pas. A peine si elle avait le trac. Elle possédait une audace folle, montait sur scène comme une furie, se plaçait, là, bien au centre du plateau pour narguer le spectateur soumis à son charisme d’enfant effrontée. Les hommes rougissaient de désir pour cette voix unique et mélodieuse, ce texte excitant et populaire qui en promettait. Son corps ne faisait qu’un avec le café, la scène, l’alcool, les tables. On acclamait l’oiseau, le bijou, la trouvaille. Elle s’exhibait au Moka, rue de la lune. On ne venait plus pour Thérésa ou Béranger, on venait pour Aile. Son nom, son refrain, ses attitudes, on aimait tout « chez la noire ». Le peuple reprenait « tous ses trucs ». Sa chanson s’arrachait sur les trottoirs. On la réclamait . Ah ! C’était du tonnerre ! On se levait, on sifflait, on tapait des pieds si elle disparaissait.

Biancone rencontrait le monde au sortir des boites, serrait les paluches des grands cabaretiers : Goubert de l’Alcazar, Lorne de l’Eldorado. On se disputait le mentor: « Elle est extraordinaire mon cher ! Extraordinaire ! Pouvez-vous nous la signer pour quelques soirées ? » Ala Nera naissait. Il Parigiano Sensuale modelait sa marionnette tel un Gepetto machiavélique.

Car on ne les voyait jamais l’un sans l’autre. Andréa feignait d’avoir des étoiles dans les yeux lorsqu’il la regardait. On disait qu’ils étaient très amoureux. La famille bolognaise et son orgueil restaient saufs.



A suivre...



D'autres épisodes d'Aile Noire dans la rubrique "Archives" de ce blog.


Le roman feuilleton

Ponson du Terrail par Nadar

Le Roman feuilleton

En 1836, la naissance de la presse moderne avec Émile de Girardin (La Presse) et Armand Dutacq (Le Siècle), fait de la publication des romans en feuilleton un argument publicitaire attirant un large lectorat. Ce mode de publication précède la parution en librairie et concerne une large partie de la production romanesque traditionnelle. Mais avec Eugène Sue (Les Mystères de Paris dans Le Journal des Débats en 1842) et Alexandre Dumas apparaît aussi un roman-feuilleton spécifique qui va jouer, avec les cabinets de lecture, son rôle dans le programme d'alphabétisation du peuple français en même temps qu'il contribue à la création d'un imaginaire romanesque sur lequel nous vivons toujours (Alfred Nettement, Études critiques sur le feuilleton-roman). Romans d'aventures, romans édifiants ou romans sentimentaux vont connaître enfin jusqu'à la fin du siècle, une vogue importante, soutenue par des opérations éditoriales d'envergure et des circuits de distribution de plus en plus élargis.
Le rôle du roman feuilleton est de fidéliser le lecteur. Pour cela se met peu à peu en place une technique d'écriture particulière : récit découpé en tranches quotidiennes, suspense et angoisse à la fin de chaque épisode, coups de théâtre répétés, manichéisme épique, lutte du Bien et du Mal, multiplicité des lieux, absence d'introspection, action omniprésente et souvent frénétique.
L'auteur est au service du journal et ne doit donc pas déplaire au lecteur. D'où l'abondance de lieux communs mais aussi l'absence fréquente de point de vue personnel et original. En cas de succès, il lui faut rallonger son récit, quitte à le terminer brutalement quand le public se lasse. L'écrivain n'écrit pas pour montrer son âme ou faire admirer son style, mais pour stimuler les ventes.
D'où le profond mépris des "vrais" écrivains, ainsi que des institutions culturelles et religieuses. On accuse le roman populaire d'être une littérature facile, où seules comptent l'émotion et l'angoisse, mue uniquement par l'argent, précipitant des masses désarmées vers la dépravation, le vice et le crime. Pourtant les valeurs le plus souvent prônées par cette littérature sont loin d'être subversives : respect de la hiérarchie sociale, peur des "classes dangereuses", femme soumise ou châtiée, ...
Bien que se voulant neutre, le roman feuilleton est traversé par l'idéologie, de gauche (Eugène Sue, Michel Zévaco) comme de droite (Ponson du Terrail, Xavier de Montépin). Qu'importe, car la trame est éternelle : héros, monstre, victime, passion du récit, aventure, à suivre.

Source: http://gallica.bnf.fr

En exclusivité, la première chanson d'Aile Noire

Aile Noire chante : Tous mes Trucs

( sur l'air de La Jeune Fille au Métro )

« On dit que la femme est farouche,

Bonne à ne tenir que la louche,

Le ménage, le ratafia,

Le linge et le charabia.

Ben moi je suis una nana

Possédant plein de trucs

Que vous n’soupçonnez pas !




Bien plus fine qu’une fine mouche,

Ne faites pas la fine bouche,

L’étonné, ou le ratabois

Le redingoté, le baba !

J’ai comme le baccalauréat !

Je possède plein de trucs

Que vous n’soupçonnez pas !




Avec mon agache-moniche,

Finis les rôles de boniches !

J’acharne d’la chipolata

J’t’aligne de cinq à six fois

J’t’arrose le réséda !

Je possède plein de trucs

Que vous n’soupçonnez pas !




Y’en a qui me disent magicienne

Sorcière, marabout africaine,

Prétressse de la bouche-d’en-bas,

Déesse du cacatois,

Maîtresse du je – ne -sais-quoi…

Je possède plein de trucs

Que vous n’soupçonnez pas !




Mais si une poulette s’avise

Et là j’vous le sincérise,

A me faire une jalousance,

Je lui promets la potence

Je lui collerai une danse,

Je lui ferai plein des trucs

Qu’elle ne soupçonnait pas !(bis) »

Paroles et musique: Andréa Biancone.

Interprète : Aile Noire.

Editons Musicales : Andréa Biancone.

Aile Noire: Enfin l'épisode quatre!


Les jours suivants il feignait de peindre pour entretenir sa passion en mélangeant des peintures sur son chevalet puis s’interrompait en disant : « Ah ! Ça non ! Ce n’est pas pour aujourd’hui. Je ferai un portrait de toi lorsque la lumière du jour sera plus belle. » Il déchirait sa toile en disait : « Maintenant… l’écriture !». Il s’asseyait à son bureau et lui montrait des faux manuscrits. « Voilà les anciennes chansons que j’ai écrites à Bologne et qui firent de grands succès dans tout mon pays ». Elle était subjuguée de voir son nom d’artiste au bas des pages.

Elle resta enfermée des jours, ébahie par cet amour. Elle parlait peu. Sa seule demande se réduisait à : « Dis, Andrea, quand est-ce que tu me l’écris, ma chanson ? ». « Ha ! Je te n’ai pas dit Ala Nera ? J’ai écrit un début l’autre soir alors que tu dormais. Mais tout cela est encore trop frais pour que je te montre. C’est à l’état d’ébauche, de croquis. Approche-toi et remettons cela à plus tard, veux-tu ?» Elle aimait ça. Elle aimait ses douces phrases. Elle raffolait de ce corps d’athlète stupéfiant. L’illusionniste lui en apprenait tous les jours, dans toutes les pièces, toutes les positions, sur tous les meubles, avec toutes sortes d’objets. Et après l’amour, comme les chanteuses ne cuisinent pas, ils allaient au restaurant.

« Et ma chanson Andrea ? ». Un jour qu’elle lui redemanda, Biancone, tout nu à son secrétaire – c’était un moment après l’amour, avant le restaurant – se dit « pourquoi pas ? ». Il griffonna un petit quelque chose en prenant des poses d’artiste inspiré . C’est ainsi, par accident, qu’il lui pondit un premier succès : Avec tous mes trucs…!

Ce soir là, Aile Noire, nue au milieu des meubles fantômes, drapée comme une divinité grecque, Aile Noire s’essayait à sa Chanson. Une Chanson de prostituée caractérielle, à l’humour et au vocabulaire douteux.



A suivre... Retrouvez les épisodes précédents dans les archives de ce Blog.