dimarts, 7 de febrer del 2012

Tapies


Lo pintre catalan a partit. Visca Tapies e Barcelona. Dempuèi sa creacion LO TAM-TAM ditz son amor per lo creator. Sus aquela pagina, podètz descubrir lo "dissabte" (colona de drecha, sufis de faire davalar l'escala) en catalan (sinonim dau meme jorn en occitan). Sus la pagina d'acuèlh dau Tam, dempuèi sièis ans fa, un liame mena a la biografia de Tapies (es escondut, trobatz lo!) e un diaporama (totjorn a la vostra drecha) es una escorreguda dins l'obra. Tapies dessenha e afortis sa catalanitat urbana. Son art fa lo torn dau mond. La darnièra fotografia dau liech en l'èr es la darnièra que faguère, crese qu'èra a l'auton 2011, a Barcelona, au MACBA (luoc de mei romavatges catalans). Liech de mort o de vida?

dissabte, 4 de febrer del 2012

Christian Vincent


« Quand on regarde quelqu’un on n’en voit que la moitié ».

La Discrète finit par cette phrase littéraire de Christian Vincent et de Jean-Pierre Ronssin, scénaristes et dialoguistes. La Discrète appartient à la catégorie des films écrits. On a envie de le citer, de l’apprendre par cœur. Vingt et un ans plus tard, nous restons surpris devant la lenteur et l’écriture ciselée. Aujourd’hui, s’il est malheureux et difficile de continuer dans la lignée romanesque d’une certaine tradition française au cinéma, on doit avouer qu’il est devenu désuet de regarder un film littéraire car les «Belles Lettres » ne sont plus au goût du jour. Dans ce film, les décors sont figés : la gare, le café, la maison d’édition (ou la librairie); ils se mettent au service du dialogue. La bonne phrase, quant à elle, apparaît, sublime. Elle évolue, à l’image, dans un monde de livres reliés, anciens, et très chers (un des protagonistes achètera une édition très rare à plus de « mille francs »). Et Antoine, le personnage principal joué par le diseur professionnel Fabrice Lucchini, ne fait pas l’amour, il prend des notes. Cette obsession sensuelle du dit (et du non dit, le mensonge reste une des thématiques principales) étonne. Si singulier par son phrasé et sa petite musique des mots (soulignée par l’excellent piano de Jay Gottlieb), ce premier premier long métrage est à redécouvrir actuellement sur ARTE + 7. Sur l’Internet. Prenons donc le temps, sur une tablette qui peut servir aussi de liseuse, de savourer cette œuvre, comme un livre, à l'horizontale, dans le noir avec le casque. La Discrète. Road Movie immobile.

Wiazewsky-Godard



Les amours lumineuses et légères d’Anne Wiazewsky et Jean Luc Godard

C'est un petit livre autobiographique racontant les amours d’un cinéaste et d’une lycéenne. Le style est simple et aéré. Beaucoup d’anecdotes sur la nouvelle vague. On y voit surtout la façon d’aimer dans les années soixante et la difficulté de l'émancipation dans une société française trop rigoureuse. Les rapports douloureux entre la mère et la fille sont justement évoqués. Le livre s’achève au festival d’Avignon. On dort Hôtel de la Magnanerie avant d’assister à la première de la Chinoise (que Jean Vilar appelle La Tonkinoise). Sociologiquement les intellectuels lisent le Petit Livre Rouge avec beaucoup d'espoir. Une autre époque. J’ai aimé la façon dont la narratrice dispose du temps : Une année Studieuse (le titre) fait l’unité du livre.Le portrait de cet amour, sans déchirure, reste en suspens. Par l’écrit, la narratrice, tend à l’éterniser.

Anne Wiazwsky, Une année studieuse, Paris, NRF, 2011.

dimarts, 31 de gener del 2012

LE MATAGOT MODERN est en vente chez MACAREL!


Enfin! On peut le commander en ligne!
Super! Le Matagot Moderne est chez Macarel Canal Istoric
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MACAREL

ZA du Rieucoulon 420 rue Fleming

34430 St Jean de Vedas

ouvert du mardi au samedi de 10h à13h et de 15h à 19H

dimarts, 27 de desembre del 2011

Entre la poire et le dessert

Cette envie de sortir soudain brusquement. Ca arrive entre la poire et le dessert.
Je regarde Yann Barthès. Je ne sais plus rire, ni me concentrer. Je suis cerné par ma fatigue, l’accumulation de trop de tâches administratives et la non
reconnaissance de Monsieur Mimosa, le chef, cette poigne de fer et de
clous qui ne me dit jamais merci et aimerait bien me voir dégager
car mes voyages sont trop culturels, originaux et ne rentrent pas
assez dans les statistiques et les exigences de l’agence, ça me
les brise menu menu, parce qu’avant lui j’étais le roi, recruté
pour être la vitrine de l'Entreprise. J'avais vingt six ans et je
brillais par mes excursions inventives, linguistiques et culturelles
en Catalogne et Occitanie. Maintenant j'ai dix ans de plus. Ceci
explique cela. Les voyages dans mon Grand Sud fantasmé ne fait plus
rêver les clients du pays. Les bobos ou les vieux préfèrent New-York ou les
Antilles. Pas un voyage adapté à une problématique intellectuelle comme je les kiffe.
Puis l'époque, ma pauvre dame, est plus à la rentabilité, mes
inventions restent des inventions tamtamnesques. Et après
quelques années d'essai où je croyais parvenir à une certaine
quelque chose, je baisse les bras pour m'abandonner au quotidien.
J'ai tout quitté pour travailler ici. Même mon seul amour. Pour le salaire, les
promesses d'avenir. J'ai investi cette ville noire aux idées étroites, cette ville que je baptise de mon nom, Ville de Tam, pour pas qu'on me demande des comptes quand on lira ceci. Après dix ans , je me vois toujours en transit. Alors moralement je te demande: comment peut-on passer au statut de « fils préféré » à celui de l'employé déchet? Cette question noire me ronge, me glace les os, la
conscience, le crâne. Fait exprès. Je suis sûr que c'est fait exprès. Une pression psychologique pour abandonner le taff. Comme ils font à La Poste ou à France Télécom.
Devant ma télévision, mes paupières se rouillent. Mauvais coma. Je n’ai rien à échanger, ni personne qui peut me tirer de mes propres préoccupations par le rire, l’envie ou le désir. Les plateaux – repas –télé ça me connaît. Je
vais te dire : c’est drôle un soir la solitude, mais tu l'apprivoises jamais. C'est drole le premier soir. Ensuite tu balises.
Mais tu m'excuseras. Des bruits extérieurs me sortent de ce long monologue paranoïaque. J’entends piétiner contre la baie de ma véranda-balcon. Cette fois, c’est sûr, y a quelqu’un. J’ouvre. Long rideau. Rideau long. Long rideau. Rideau
long. Tourne. Retourne la manivelle. Froid glacé de décembre et deux chaussettes orphelines qui se balancent sur le fil du sèche-linge. Les mois de décembre fatiguent. Je me renferme. Long rideau. Rideau long. Long rideau. Rideau long. Tourne. Retourne la manivelle. Je ne peux plus voir cet appartement. Soudain je l'ai en horreur. Je redescends affronter le froid, le parking et mes peurs parano. Mon coeur bat très fort. Je crois que j’aime ça, me foutre la pétoche. C’est quelle heure ? Neuf heures ? Neuf heures et quart ? A mourir pour mourir comme chantait Barbara. Et je marche. Je marche. Buée froide et blanche de mon souffle. Je ne sais pas où je vais. Ma fuite en avant me guide, me pousse, me propulse comme un
aimant attiré par le désir de voir quelqu'un à un endroit précis. Eclairage orange public. Les murs noirs de pollution. Le couvre feu des cafés le soir noir noir noir. Faudrait pas que la population se rencontre. Tout éteindre. Ne pas faire vivre la ville la nuit. Même pour les ouvriers fatigués qui aimeraient se rencontrer un soir. Décret municipal: fermez les estanquets. On cachera nos alcooliques. Surtout bien fermer les cafés à sept heures. Ville de Tam, tu m’exaspères. Et je marche encore
pour tomber, par hasard sur cette allée où tel un troubadour instinctif je m’arrête. Je suis devant la maison Bouygues de Saucine, de son moutard et de son sale mari. Les fenêtres ouvertes, on peut pas dire que ce soit décoré avec goût. Non. C’est décoré, peuchère, avec économie.
Meubles de chez Confo ® en plastique, très vite montés. La voix mâle de son ignoble mari (un beauf à la Cabu, chanterait Séchan) fait vrombir les murs. Je les contemple dans la lumière jaune. Tu le crois. Il lui beugle dessus à cause d' une histoire de cendrier. Dans sa colère affreuse, il bégaie, postillone, répète les mots cent cinquante fois. Au moins.
- Mais non, putain,je les mets pas sur le tapis, les cendres! Puis, puis, puis si tu les vidais les cendriers régulièrement et si, et si, tu les remettais
bien, là, là, là à sa place, la, la maison serait pas si, si, dégueulasse. On vivrait pas dans la poussière. Ah! La! La! Ah! La! La! Ah! La! La!
Ma Saucine c'est une éponge. Elle a la politesse de s'adapter à la personne qu'elle
a en face. Peut-être un truc de secrétaire. Elle adapte son langage et ses attitudes. Cette femme vulgaire, est-ce bien elle?
Insupportable de la voir ainsi:
- J'ai pas le temps figure toi, con. J'suis pas ta boniche, avec le taff...
- Ah! Parlons-en, parlons-en du travail, t'es pas obligée de bosser.
- Et le gosse qui c'est-ti qui le nourrit le gosse? Hein? Hein? Hein? Le gosse?
Ah. Tu vois rien d' original. Ces deux là te tombent bien dans le cliché du quotidien franchouillard. J'ai l'impression délicieuse et désespérée d'être le voyeur devant une daube de TF1. Casting réaliste et réussi. Ecran 16/9. L'écran 16/9c'est cette fenêtre éclairée qui les encadre. Le plus triste est de constater que la téléréalité ressemble à la vie. Ma Saucine,pourtant, si un jour tu décidais de quitter ce fou pour moi tu ne passerais pas le premier essai tellement ton physique reste singulier. Je te vois tout droite sortie d'un film d'hollywood des années folles avec tes belles gambettes et tes cheveux bruns, tu pourrais me danser le charleston. T'es pas Loana. T'es la classe. T'es une fille très grande qui se la joue parfois avec ses strings très fins sous tes juppes blanches transparentes. Bien sûr nous n' eûmes qu'une relation de placard a balais. Mais comme dans les pop songs américaines j aimerais tu devinsses ma baby, be bop a lulha. Enfin je parle, je parle mais je commence à me les geler sec sur le gazon. Je suis le chevalier occitan, plus tard je t'enlèverai d'ici. Mais ce soir, ce n'est pas l'heure. Tournant le dos à la violence, je me rentre dans le bruit des meubles déplacés, (idéal pour parer les coups le buffet fait bouclier), le tintamarre de la vaisselle qui vole, les cris masculins de bête. Merde mais ce qui m'arrache plus le coeur, c'est le moutard qui commence a chialer.
Des cris de bête, j'te dis. Un jour je t'épargnerai tout ça. J'te jure.

A Suivre...
Lisez les premiers épisodes du feuilleton en cliquant sur: "Vilo de Tam".
N'oubliez pas de laisser vos commentaires!

dilluns, 26 de desembre del 2011

La beutat en Turquia



Uèi òmes e femnas d'aquí (mai que mai dins lo barri modèrn) son pivelats per una certa classa
vestimentaria.
Lo blingbling a pas de frontièra, leis aparéncias comptan.
Dempuèi la nuech dei temps leis òmes e lei femnas aiman de se faire bèu.
Me rementa una istòria ligada a la mòrt.
Au nivèu culturau, mercés a Iva Roqueta, ai descubèrt a la debuta deis annadas 2000 un libròt estrambordant: leis istòrias de Nasreddin Hodja lo personatge popular de Turquia e dei país orientaus adaptat en peça de tiatre(lo libre es en occitan, castilhan e francés).
Nasreddin es un vièlh personatge, messsorguier, missant, rachon. Seis istòrias absurdas, ironicas son mai que mai una critica de l'umanitat.
Au nivèu deis aparéncias vestimentarias, justament, ne vaquí una que m'agrada:
Nasreddin Hodja, malaut grèu, dèu gardar lo liech.
Vesènt que son mau venpièger cada jorn, sona sa femna:
- Femna,vai, carga tei vestits nòus. Pencheneja te, pimponeja te, fai te polida e vene t'assetar pròche de ieu.
- Mai coma vòls que me faguèsse polida mentre que siás malaut? repoteguèt la dòna. Coma Nasreddin Hodja ensistissiá, li demandèt la rason. Alòr li diguèt ansin:
- Quora Azrail, l'àngeu de la mòrt, vendrà me prene, en te vesènt polideta, ben vestida, benlèu que li agradaràs e que tombarà amorós de tu. Alòr te prendrà a ma plaça.
Sòrgas:
Ives Roqueta, Leis aventuras de Nasr-Eddin,CRDP Miegjorn Pirenèus.
Collectiu,
Histoires de Nasreddin Hodja, Silk Road Touristic Publications, Ḯstanbul-Türkiye.

diumenge, 25 de desembre del 2011

Istanbul e sei tèulissas dessenhadas




Te mène sus lei tèulissas dei restaurants. Dominam lo tot Istanbul: lo modèrn e l'antic desseparats per lo flume dau Bosfòr. Amondaut reconèisse lo dessenh d'un artista (jove surament) fòrça present dins lei carrièras brancadas de la ciutat e mai que mai dins l'avenguda bèla consacrada ai mestiers de la musica. Son simbèu, sa signatura: un punh levat e jaune. Una mena d'indignacion benlèu. Sabe pas coma l'interpretar. Me pivela pasmens de pensar lo dangier qu'a corregut per pintar aquò amé perfeccion. Qué ne pensas?

Lo trabalh de l'aiga me fa pensar a tei lagremas







L'Aiguièra Basilica es la mai granda
resèrva d'aquesta mena a Constantinople (78000m3). La máger
dei colonas que la constituís
son de trofèus tornats dei guèrras contre lei Gregaus e lei Romans.
L'endrech es dedicat a Medusa, punida de son amor per Zeus. Lei colonas que
ploran m'evocan lo marrit sòrt
que li es gitat. Coma se lo membre misteriós
emplenat d'aiga èra lo còs de la gorgona mortala. Vé! Agacha aquesta colona! Es de carn umana
e la de l'autre mand sembla de la carn de sèrp. Sèrps que cubrisson
son pèu. Segur: se passejam au dintre malaut de Medusa. A la fin de
la passejada, la tèsta es quichada, revirada per una colona de
pèira. Condamnada se pòu pas plus desliurar. E l'aiga que s'agota
pauc-a-cha pauc fan pensar a de lagremas sens fins que calarián pas
jamai.

divendres, 23 de desembre del 2011

Çò que te fau saupre d’Istanbul.

Çò que te fau saupre d’Istanbul.

Per lo promier còp l’agéncia de viatge de la vila de Tam part a Istanbul. Pauc-a-cha-pauc te fau un esquichum de sei descubèrtas.

Fora borra : Istanbul.

- Se tròba en Turquia.

- Es un exemple de laicitat.

- L’acuèlh i es bòn.

- Lei trins de vila marchan amé de gitons coma ais autos-tampons (son roges e de plastic).

- Istanbul es divisit en doas parts a l’entorn dau flume dau Bosfor.

- I a un barri brancat. Se parla d’una « movida » turca.

- Plòu fòrça en decembre e fa freg.

- Trobaràs pas de sauça blanca per ton kebab.

- Marchas fòrça a Istanbul.

- Lo mercat lo mai pivelant es lo mercat egipcian e non pas « lo grand bazar ».

- Pas de violéncia e d’inseguritat.

- Lo cantaire preferit deis estajants es un travelo que sembla a la Castafiòra e que te fa de reclamas per de fregidas.

- An lo culte per Pèira Loti l’escrivan viatjaire que s’oblida en França. Li an consacrat tot un barri e leis estanquets amondaut pòrtan son nom.

- Dison « pardon » per « perdon » e « merci » per « gramaci » mai se sabes pas aisidament charrar turc pòs escambiar amé totei amé ton anglés europenc.

- Lei femnas veladas sòrton pauc la nuech mai sòrton.

- Lei femnas non veladas sòrton e begon de cervèsa EF, sola cervèsa nacionala dau país.

- Lei barris religiós son lei mai estranhs mai pas lei mai desagradius.

- Son pas en crisi es benlèu per aquò que lo país que faguèt una crosada contra leis Albigés pòu se permetre de lor faire la leiçon...

- An la moneda dau país mai pòs pagar en euro.

- Enfin, l’escòla es nacionala mai un intellectuau turc me diguèt qu’èra trop centralizada e pas pron dubèrta sus l’estrangier. Mai es una interpretacion : siáu pas anat verificar.

- Vos contarai la seguida en fotos dins lei jorns qu’arriban.

dissabte, 17 de desembre del 2011

la parano dans la chambre.

La chambre. Un coussin. Un putain de coussin. C'est lui qui se cachait derrière la porte, mouligas. J'allume, regarde sous lit. C'est l'estivade sous le matelas. Les moutons n'aident pas qu'à s'endormir. Tam, est-ce que c'est parce que t'es toujours seul que tu te fous dans de tels états? Tu sues, t'es moite, tu pues (hormonal) et le bruit de tes propres chaussettes t'inquiète. Les collègues (ici je n'ai que des collègues) me surnomment Caliméro à cause de ma parano. C'est pas juste. Mais je vérifie: ce soir c'est vrai que je suis malade. Personne dans les placards. Et même je le regrette un peu, ça m'aurait occupé en cette soirée de blues où les carottes tournent, re-tournent dans le manège du micro-onde. Tu le crois.

diumenge, 11 de desembre del 2011

des peurs en tuperware

Le parking froid. Le traverser. Le tuperware à la main. Je m'attends à ce qu'un ou deux hommes en cagoule se cachent derrière les lauriers roses séchés par le mistral. Surtout ne pas passer dans la allée haute où les branches géantes me cachent si je veux crier au secours et me débattre aux yeux de tous. Les fenêtres illuminées par les guirlandes de Noël se font des clins d'oeil d'un bâtiment à l'autre. Immeuble sécurisé à l'américaine où l'on multiplie les vis-à-vis pour s'espionner les uns les autres en cas de meurtre ou de cambriolage. Je marche en scruttant bien mon balcon d'en bas sentant mon souffle poindre mon cerveau enrhumé. Mes tempes se soulèvent dans mon crâne comme serrées par le bonnet de la piscine. Quand est-ce qu'ils vont rallumer là-haut? Ils m'attendent c'est sur. Ils m'attendent. Qui ça "Ils', d'ailleurs? Pourquoi suis-je persuadé que l'on m'en veut? Moi, le petit employé d'une agence de voyage, sans économie, vingt euros tout juste en poche. Un chien. Il faudrait que je fasse comme mon amie Mela. M'acheter un chien. C'est pour ça cette mode des chiens. Pour se protéger. Et pour pallier le manque d'affection de nos solitudes de banlieue. Porte d'entrée franchie. La veilleuse du couloir m'énerve. Elle ne tient pas plus qu'une minute. Tu le crois. Je veux pas rester dans le noir. Ils peuvent surgir. Envie de vomir. La Javel, je la supporte pas, ça m'écoeure. Le gardien nettoie tous les matins. Les odeurs de cuisine des familles se mélangent dans le bruit des couverts. Et les voix fortes des jeunes adultes du second dans une odeur de tarpé rivalisent sur la wiiii. Arrivé devant ma porte je tourne la clé dans la serrure demeurant le plus silencieux possible. A côté, dans l'appartement de cette mère seule, ma jolie voisine, j'entends: She Rise Up de David Lynch. L'enfant doit être chez son père. Cette musique synthétique de cauchemar rythme ma peur. Merde. J'entre laissant la porte ouverte. S'il faut fuir dans le couloir, je cours assez vite, je peux m'échapper. Je laisse ouvert. Mais ils pourraient s'infiltrer. Par derrière. Je parcours vite le salon et je ferme le volet déroulant qui tombe, tombe, tombe ( long beaucoup trop long, ils peuvent resquiller) longtemps sur le balcon. Je traverse le noir. Ils ont éteint la lumière avant de se cacher. Toujours ouvert pour la lumière extérieure sur les ficus l'hiver. Tant pis pour les ficus, s'ils m'attendaient au coin de la vitre, me bondissant dessus à coup de carabine? On a vu une petite vieille qui... Devant ses petits fils, à six heures du matin. Pan. Pan. Eclatée la cervelle. Fait divers, d'hiver, de la vila de Tam où on entretient nos peurs par la presse locale. Ils sont pas dans le salon. Ils sont pas dans les couloirs. Ni dans la cuisine. Je referme la porte d'entrée. Je ferme à double tour en laissant pendre le lourd trousseau. Sans réfléchir je laisse le Tuperware de carotte sur la bibliothèque entre deux dictionnaires. Tout à l'heure, si je survis à mes peurs, je le chercherai des heures et me trouverai pénible de ne jamais laisser les bonnes choses au bon endroit. Me voilà sauf. J'essaie de me faire rire. Soulagé je me sers une Leffe en penchant tout doucement mon bock pour équilibrer scientifiquement mousse, liquide et bulles. Equitable. J'allume le Grand Journal. Me voilà sauf? Mais cette lumière tout à l'heure? Suis-je fou? J'oublie de vérifier la chambre. Je vais dans la chambre. J'ouvre doucement la porte. Et là je sens quelque chose d'épais et de doux (un pied? un morceau de bras?) qui m'empêche de l'ouvrir complètement, entre le mur et la poignée...

Une librairie arlésienne pour le Matagot!

Après Orange et Aigues-Mortes, c'est Arles qui s'occupe de distribuer le MATAGOT MODERN. Une équipe sympathique et conviviale qui respecte ses auteurs et les met très à l'aise. Je vous invite à découvrir cet endroit magique. Vous pourrez y demander un exemplaire du livre fantastique en français et occitan:


La Boutique des Passionnés & l'Association Attention Culture !

14 rue Réattu - 13200 ARLES - 04 90 96 59 93

contact@passionnes.com culture@passionnes.com

www.passionnes.com convivencia.over-blog.net

dimecres, 7 de desembre del 2011

rentrer ce soir

Ville de Tam. Nuit noire caféine de décembre. Les réunions s'achèvent à neuf heures. A se demander si à l'Agence de Voyage on ne nous retient pas pour dépenser moins. C'est la conseillère en com, Madame Guindy, qui m'a ramené dans sa voiture froissée bleue. Entrant dans sa casserole, j' lui dis, dans une bouffée de buée blanche comme un nuage:
- Au moins, on te la volera pas.
Elle m'dit dans une autre bouffée de buée (rose cette fois):
- Je me promènerais avec un seul volant sans les roues, les pédales et la carcasse, j'aurais encore moins de chance de me faire voler.
Ell'me parle Madame Guindy du fils à Toulon qui fait l'armée, du frère à Marseille dans la déco et qui fait les allers-retours car les loyers... et la soupe à maman... le mari qui se plie le dos fréquemment au club de gym et cette con de com de plus en plus dure à monter depuis qu'on a moins de budget papier, moins de budget encre, moins de budget photo, moins de budget Guindy. Heureusement pour mes yeux: on conserve le buget mannequin. Ah. Caliente. La belle mama Guindy, insensible, te mène tout ce beau monde à la baguette. Paroles. Paroles. Parlotte. Et si. Et ça. Patin couffin. Ronds de buée multicolore qui s'évaporent contre le pare-brise humide. On est plus là pour parler boulot. Comme d'habitude j'écoute pas. Mon corps est en pilotage automatique. Ma tête dit "oui", mon esprit part ailleurs. Je pense à Saucine. J'ai tellement envie de crier sur les toits... que... Tu le crois? Mais ce n'est pas à Guindy qu'il faut se confier.
D'ici, je vois mon appartement-véranda en haut de la haute tour boueuse. Vivre ici reste pratique. Derrière un supermarché discount et quelques immondices. J'attends ici comme en exil une transformation, une amélioration. Il va bien se passer quelque chose dans cette pute de ville de Tam? Une mutation? Encore moins, si le gouvernement se voit obligé de perdre son triple A, son label rouge, son n'importe quoA. Mais dis-moi: ça va atiser quelles haines si on ne nous considère plus?
Le portail sécurisé en fer s'ouvre. Ouverture automatique. Clic. Chaque fois que je le vois s'ouvrir je pense aux deux portes du château de Moulinsart. Avec le boy scout et le capitaine, heureux de retrouver le plancher des vaches, mon bon Milou.
Je colle mon nez contre la vitre de la casserole.
- T'as vu?
- Hein? Quoi?
- L'appartement allumé. Là-haut. C'est le mien. Le rideau bouge.
- Mais tu hallucines, mon pauvre Tam. Tu hallucines.
L'appartement... éteint. Hallucination? La fatigue? Tu le crois? Est-on en train de me visiter? Ils sont là-haut. Ils m'ont vu. Ils sont planqués derrière le rideau. Mais je l'ai bien vu bouger, avec cette lumière... Là-haut on... Deux poutou bien tendres. Guindy c'est ma maman d'ici mais elle ne veut pas monter avec moi. Elle me laisse seul avec ma solitude. Elle m'offre un Tuperware de soupe à la carotte. T'as besoin de repos mon ami. Tu flippes. Je traverse le parking, peu rassuré et je monte au cinquième étage de ma tour. Que vais-je trouver là haut?

"Hic clavis, alias porta" (La clef est ici, la porte aussi) - Dessin original de Victor Hugo

dimarts, 6 de desembre del 2011

mei nuechs d'insomnia


Vaqui a de que semblan mei nuechs
Voilà à ce qu'elles ressemblent mes nuits

les matins se suivent et se ressemblent




Vila de Tam. L'appart vitré. Les matins se suivent et se ressemblent. Je vais trainer dans ce jogging gris et faire chauffer l'expresso acheté en Espagne sur la Jonquera. Celui qui te troue le ventre toute la matinée. Les images des Matinales se reflètent dans le vitres qui filtrent les rayons de soleil. Je bois les paroles riantes de Maitena. Mes paupières se rouillent. J'ai passé la nuit sur l'Internet à compter les moutons d'Arte plus sept. Aujourd'hui: combat syndical, ignorer Saucine dans les couloirs et les bureaux pour n'éveiller aucun regard et se retrouver peut-être en cachette dans le placard à balais. Et croiser les patrons, croiser les patrons de l'Agence de Voyage de la ville de Tam qui à force de nous parler mal nous feront tous quitter la boite.

diumenge, 4 de desembre del 2011

A l'entorn dau libre en Provença

Autour du livre en Provence

9,10, 11 décembre 2011. ARLES.

Contacts

La Boutique des Passionnés & l'Association Attention Culture !

14 rue Réattu - 13200 ARLES - 04 90 96 59 93

contact@passionnes.com culture@passionnes.com

www.passionnes.com convivencia.over-blog.net

Signature du Matagot, samedi, à partir de 15h30

dissabte, 3 de desembre del 2011

des dessous chics dans le placard à balais


Agence de voyage. Les couloirs. Je la sens bien sa présence mais je ne la vois pas. Un regard, des yeux camouflés dans le mur. Comme ce chat mystérieux dans ALICE AU PAYS DES MERVEILLES. Je sens bien cette odeur de poudre mêlée au maquillage. Et ces yeux deux, brillants, ses yeux piscine, qui m'épient et qui me guettent. Je la devine. Et je la cherche. Je marche droit. Channel numéro cinq. Ca cocotte dur, bâtiment A. Elle m'espionne, elle m'attend. Saucine, la secrétaire en string surgit soudain sur mon passage, au détour d'un pilier.
- Ah! Monsieur Tam, quel hasard! Vous tombez bien! Je devais vous voir, c'est pour mon fils.
Mes yeux s'arrondissent comme des balles de ping-pong. A-t-elle déjà porté ce décolleté? Prémédité! Comment s'est-elle préparée à notre échange le soir même? Combien de bustiers, de montgolfières, de ballons gonflés au benzène essayés, posés, jetés en vrac dans le panier du sale, dans le placard du propre, par terre, sur les cintres, superposés, borgnes, voyants, doubles, qui s'ouvrent tout seul, en cuir, avec un zip autour, prédécoupés, en pointillés, pour qu'on suive bien les formes, mis, remis, arrachés de rage, décollés doucement comme un timbre de collection, ajustés juste au niveau du téton pincé, sous un chemisier, sans un chemisier, le nombril à l'air, agraphés, dégraphés, les cheveux remontés, le bustier lourd et violet sur un t-shirt noir, ou un sous-tif en dentelles, balconnet terrible genre Marie Antoinette ou Madone de chez Jean-Paul Gaulthier ? Ses mains légères remontent le tout, synchrone. Combien d'heures pour moi pour préparer le décolleté idéal? Enfermée dans sa salle de bain, à faire couler l'eau pour camoufler le bruit des soutiens-gorges sautants sur la musique de PRETTY WOMAN? La buée à la vitre, le reflet saturé par son souffle et ses efforts pour me rencontrer demain. Le verrou remonté, elle se cache de son mari alcoolisé sur le canapé qui rote devant le discours de Toulon sur BFM: "Hé! Ben! Tu fous quoi? Merde. J'ai faim." Car elle m'a bien prononcé ce mot, c'est sûr, t'en es témoin: "mon fils" et contrairement à ce que dit Jean-Jacques, elle n'avait pas fait un bébé toute seule. Merdoum, Mme Sausine, la secrétaire en string, ne vit pas seule. Comme quoi la chanson a pas toujours raison.
Son scénario elle l'avait créé, là, figée sous les couette lourde, les yeux rivés au plafond invisible, toute seule dans sa tête, tourne-retourne dans le noir de la nuit de couples sans libido, soulevée par les ronflements porcassiers de son mari.
Le soutien-gorge craquant caché dans le cartable. Les cheveux tenus pas des épingles. Le string dans la poche de devant, elle se change dans les toilettes du bureau, comme un collégienne fautive de sa métamorphose adolescente. Elle apparaît au pilier:
- Mon fils, Monsieur Tam, il veut apprendre l'excitant...
Lapsus. Elle se reprend:
- L'occitan, mr Tam, l'occitan.
Elle rougit et dit:
- Il écoute Massilia. Il veut venir à votre club. Au collège, ils ferment les options.
Mon club? Pour le personnel de l'Agence? Celui que j'organise entre midi et deux et dont la moyenne d'âge est -disons le - de cinquante ans?
Je réponds c'est sûr, on a tous intérêts d'être bilingues. Elle reprend son doux souffle mentholé:
- J'ai trouvé ce petit livre. Regardez.
Je n'ai pas le temps d'identifier la couverture de l'ouvrage en question que sa douce main m'entraîne dans le placard à balais éclairée par une seule ampoule:
- On y verra mieux pour lire, ces couloirs sont trop sombres.
La porte se referme pour nous et là sauvage, arrachant une épingle qui retient ses cheveux de jais elle râle en jetant par terre le cahier pour la sixième niveau un, édité au CRDP de Montpellier:
- Aima me! Ara! (Aime moi! Maintenant!)
La conjugaison est juste, le -a final prononcé à la française. C' est pas grave j'ajusterai après, je gonfle mes muscles (je parle des bras, je suis un héros), la soulevant, la plaquant contre l'armoire en fer tenue par des boulons voyants qui se dévissent et sautent comme des ressorts rythmant chaque mouvement de mon bassin. Du grand art. Manu Katché à la batterie. Les bouteilles plastique immaculées, blanches de Javel, orange d'Ajax, marron de Carolin, bleutées de Canard WC (qui fait coin coin de plaisir avec son joli bec) sautillent à chacun de nos mouvements. Nous pourrions réciter les trois conjugaisons sans oublier les auxiliaires. Je décline toutes les positions. Elle apprend vite. Elle accroche son vernis aux étagères. Aime, Aimas, Aima, Aimam, Aimatz, Aiman. Ca coule tout seul. Un ange passe. Rattachez vos ceintures. Telle la phalène son string se colle et se balance contre l'ampoule brûlante quand ses balconnets viennent atterrir doucement comme une fleur sur le petit cahier bleu aux gribouillis d'enfant. Leçon numéro un. On aura besoin de réviser avant de transmettre.