divendres, 22 de juny del 2007

la grande morte épisode 9



Ce matin Laetitia part à l’université. Madame Fàstic, la voisine, toujours curieuse, fait semblant de ramasser les crottes de ses caniches. Une feinte comme les autres. Pour bien espionner, ’faut avoir l’air occupé. Ramasser ses crottes de chiens. Elle frappe à la vitre de la Fiesta blanche :

- Adieu ‘dame Gòbi ! dit la vieille en jogging rose, votre mari… dites… il repêche, non ?

- Il re-pê-che ? interroge la prof misogyne.

- Ben ! Il a « re » son chalutier !

- Ecoutez, madame Gòbi, ça fait cinq ans que Jean est à la retraite et le chalutier on l’a vendu…

- Ah ?

- Quoi, Ah ?

- Comme je le voyais sortir tous les soirs à la même heure, je me disais : Ah ! Il a « re » son chalutier, il re -pêche alors. Au Grau. Comme avant sa retraite. Vous savez la passion…

Passer la première. Laetitia s’impatiente :

- Ecoutez, madame Fàstic, vous devez confondre. On a dormi ensemble Jean et moi. Ce matin, il était à mes côtés.

Puis provocatrice et désagréable :

- Je dois vous quitter, madame Fàstic. J’ai des oraux dans une heure. Mes étudiants sont nuls et j’ai pas envie d’écouter vos radotages pour gâcher entièrement ma journée…

- Ah ! Bonjour !

Laetitia s’éloigne. La vieille rumine dans sa moustache quelque chose (elle lui jette un sort …) dans un patois d’ailleurs :

- La Vergonha te manjarà !

La voiture file et envoie la vieille à la pêche. Dans la poussière.

Qu’invente cette vieille peau ? Son mari était bien là. ce matin dans les draps moites elle avait tâté son corps. Puis à bien y réfléchir. La nuit précédente…un cauchemar… la pleine lune sans doute…Elle s’était relevée en sursaut. Elle avait cherché Jean de sa main dans le lit. Jean n’était pas là. Elle avait crié. Jean ? Jean ? Mais les pilules l’affaiblissaient et elle ne pouvait crier plus fort. Non. Il buvait un coup en bas. D’ailleurs elle avait entendu la télévision : le générique flottant d’ Histoires naturelles. Il devait… Merde. Avec ces cachets, tout était si confus. Puis Fàstic… Les paroles de Fàstic. Tous les morceaux du puzzle se reconstituent. Tous seuls. Les pilules. Bien sûr, les pilules.



A suivre...

dimecres, 20 de juny del 2007

la grande morte épisode 8


Au casino, Jean et Gigi somnolent. La machine à sous leur pique les yeux.

- ’trop de monde. Pas bien. Sortons .

Et ils sortent. Avenue ensoleillée par les réverbères oranges, architecture baladurienne, la Grande Motte ressemble à une cité perdue. Civilisation fin de siècle. Les immeubles-pyramides s’arqueboutent dans le béton blanc.

Personne n’est d’ici. Ce port de plaisance n’a pas d’odeur charnelle. Sinon l’odeur monoï Nivéa de ces soirées collantes d’ août. Ça pue la sueur écoulée de ces journées de plage à s’écraser les uns sur les autres, les seins, les couilles et les ventres aliénés aux maillots. Tout et tous sont de passage. Des touristes. Pas de langue spécifique. Pas de communication. Des portables. Ça se caricature. Ces anglais rouges et ces parisiennes plates. Et ces méditerranéens qui rient méchamment dans leurs barbes patoisantes quand ils viennent pour un soir dans ce sud ordinaire. Un ailleurs proche et à la fois éloigné de leur sud natal. Ils viennent pour rire des autres comme les cruels vont au zoo. Personne n ‘est honnête ici. Personne ne défend cette ville puisque personne n’en est. Et Jean, il en est cacalassé de tous ces cacous.

Il prend une glace à l’américaine, elle à la fraise.

Laetitia vomit ses pilules. Sans doigts au fond de la gorge. Pas difficile de vomir quand vous soupçonnez votre amour d’adultère : la trahison vous dégoûte. Elle s’essuie la bouche. Elle noue ses beaux cheveux épais. Elle se fait belle pour l’autre. Pour ne pas la décevoir. Elle va les rejoindre. Elle se maquille de larmes. Elle hurle dans tout son corps. Pas un son ne sort de sa bouche. Ses cris sont des spasmes.


A suivre, bon sang de bonsoir...


dimarts, 19 de juny del 2007

la grande morte épisode 7


Laetitia lit son Pancréatites. Il lui caresse le bras. Il l’aime. Mais la trahison est plus forte. A son tour, il ouvre son livre, le seul qu’il lit et relit sans cesse avant de s’endormir : Les travailleurs de la mer. C’est une édition jaune sable, Garnier Paris des années 60. Il aime ce livre. Il en a découpé les pages lui même. Les pages sont lourdes et caressantes comme les vagues. Du papier, encore de qualité, se dégage un embrun. Il fixe sans cesse ces mêmes illustrations de Victor Hugo. Victor Hugo est un marin. Son esprit a jeté l’ancre à jamais dans ce livre, que Jean lit et puis relit, que ses yeux parcourent comme une éternelle traversée. La page de garde est signée par Laetitia. Un tatouage à ses yeux. Un encrage à son cœur.
Il lui caresse le bras et il remonte sa main. Elle reste concentrée sur son passage préféré : les images rencontrées au cours des pancréatopathies chroniques. Sa main remonte sa main, sa bouche frôle son épaule. Son épaule chaire de poule, il en picore chaque pore. Elle soupire alors, elle l’aime tant. Mais le marin a une autre femme, dans un autre port, sur un énorme navire. Ce Casino, c’est un autre bateau éclatant aux machines qui chantent et qui brillent. Gigi : une autre femme, une autre sirène. Tellement différente qu’il ne peut pas l’aimer pareil. Tellement différente, qu’il ne peut pas faire un choix. L’une est l’âme, l’autre le corps. Et il aime sans choisir. Une femme dans chaque port. Une dans un navire. L’autre dans une barque.
Rame, rame, ramons, ramez.
La tempête de la trahison souffle. Laetitia remonte le drap, comme une voile.
- Chérie, dit le marin, tu as oublié tes pilules.
- C’est vrai, dit-elle. Mes pilules. Pour ma douleur.
- Si je n’étais pas là, comment tu ferais ? … Tes pilules.
- Oui. Mes pilules. Pour ma douleur.
Il se lève. Traverse la salle de bain. Léger, discret mais efficace. Il prend les pilules dans la pharmacie. Les pilules rouges dans la boite blanche. Deux. Le verre d’eau. « Aqueste còp, i siam ! ». Il revient dans la chambrée. Et elle ne dit rien. Elle avale les pilules, croit que c’est pour son bien. Il y a deux ans, ils avaient vu le docteur ensemble, le docteur François Maïokovski. Le meilleur ami de Jean, le dernier. Il lui avait ordonné des pilules. Pour sa douleur. Et elle s’endort. Et le rat quitte le navire. Et cette fois encore, il pirate son cœur.

A suivre...

dilluns, 18 de juny del 2007

la grande morte épisode 6



De son côté, les premiers soirs du coup de foudre, fier de son amour, Jean avait amené Laetitia au Mézy. Sa deuxième maison. Il exhibait son bonheur à ses collègues pêcheurs, tous déjà maqués avec une gonzelle et un mioche. Il l’avait traînée jusqu’au bar, tout fier : « Ca y est je suis deux ».
Il voulait qu’elle aime ses amis. Que ses amis l’aiment avec elle. Qu’ils aiment le tout qu’il formait avec elle. Qu’elle aime le tout qu’il formait avec eux. Il voulait tout, et ce fut rien.
Laetitia s’était sentie mal. Ces gars là, ces marins, ils se parlaient en code, entre hommes avec leurs yeux bouffis, leurs sous-entendus criards, « a mai ! », « canta lo », « aqueste còp », curieux langage, se connaissaient trop. Ils puaient le tabac fort et le Pastis. Elle avait paniqué, elle aussi avait mis son masque : un loup d’intellectuelle. Il avait fallu aller se coucher.

Il renonça un temps à ses amitiés viriles, accusa ses collègues d’intolérable intolérance. Puis il était revenu. Certains, les plus proches, ne lui parlaient plus. Il fallait qu’il comprenne qu’il n’était pas bien avec elle ! Ils le connaissaient eux et le savaient mieux que lui : ils n’étaient pas assortis.

Le silence, c’était la leçon des pêcheurs.

Les autres marins, de simples collègues, lui charraient encore. De dorades, de saules et de télines . Mais jamais d’elle. Elle et son prénom : sujets tabous.
La perte des meilleurs amis, il avait vécu cela comme un décès.
Depuis, lui et elle menaient des soirées parallèles.
Ils sortaient à part.
Ils l’avaient voulu sans le vouloir.
Tous les deux.
Sans se le dire.

divendres, 15 de juny del 2007

la grande morte épisode 5


Chaque soir, Monsieur Gòbi joue sa comédie. Il enfile son pyjama Lacoste puis se met au lit. Sa femme, Madame Gòbi, en nuisette, est assise, le fessier contre l’oreiller, sur le côté gauche du matelas. Elle l’a choisi le côté gauche du matelas. Il y a de cela 25 ans.

Elle relit un vieil ouvrage, la thèse d’un ami médecin : docteur François Maïokovski : « Pancréatiques chroniques d’origine ischémique », au sous-titre explicite : « (à propos d’une observation personnelle) ».

Laetitia et Jean, la lettrée et le marin s’aiment parce qu’ils partagent les mêmes silences et les mêmes livres.
Le silence de la mer et le silence de l’écrit se rejoignent par l’horizontalité. Horizontalité de lignes, horizontalité des vagues.

Jean et Laetitia ne partagent pas les mêmes amis. Il a décidé qu’il ne ferait plus d’effort. Elle non plus.
Lui, il s’ennuyait ferme pendant ces dîners pédants où on causait « intertextualité, hypothèses, hyperboles, synecdoques et asyndètes dans les œuvres brèves de Jean-Jean Lebois ». Autant il aimait la littérature régionaliste de Lebois, autant il ne comprenait pas ses analystes. Les faculteux qui bavaient sur son oeuvre littéraire. Lui, il était simple pêcheur. Il n’avait pas appris à lire de la même manière. En autant de temps que ces chercheurs. Mais pour qui écrivait Lebois ? Au début, lors des buffets froids organisés par L’amicale du livre moderne il glissait, il se souvient, quelques blagues scatologiques que personne ne comprenait. Alors ses amis du bar Le Mézy venaient à lui manquer terriblement. Pourtant pas de quoi avoir le mal du pays : le Grau-du-Roi est à cinq minutes de la Grande Motte. Mais ici, ses galéjades provençales faisaient « Flop » ! Il se sentait étranger et par le langage, et par l’humour. Pendant ces mortels buffets de l’amicale pris debout, gobelet de champagne à la main, le cure dent dans le saumon ou dans le roulé aux saucisses, Laetitia le regardait de travers. Coup de coude : qu’il se taise ! Ou qu’il disparaisse ! Il en rajoutait. Alors on avait droit à la gueule. Le masque.

A suivre...

la grande morte épisode 4


Jean baisse la tête lâchement. Enervée, elle va à la caisse, dépose ses pions au guichet. 1000 francs de gain. Pendant ce temps, il reprend la machine en main, songeur. Elle revient. Allume une clope très fine. Longueur et rougeur surréalistes de la cigarette. Le lipstick décolore le filtre orangé. Elle reprend :
- Je suis sure que vous ne faites plus l’amour.
Au jackpot, deux citrons et une poire. Il répond :
- Je l’aime.
- Ah ! Si tu l’aimes… Ca change tout !
Deux poires. Au milieu : un citron. Jean abandonne. Gigi reprend le manche. Et puis, re-jackpot. Une chance de cocue.

A suivre...

la grande morte épisode 3


Gobi s’est approché de Gigi.
Il glisse ses doigts recouverts de bijoux sur le dos dénudé de la femme. Elle aime ses caresses. Elles lui rapportent beaucoup. Elle lui tourne le dos, concentrée sur le jeu :
- Et ta femme ?
Le majeur de Gobi bute sur l’omoplate. Elle renverse la nuque. Il a touché le point sensible.
Le paiement entre ce gallinacé en fourrure et ce client reste comme une habitude. Il y a longtemps que ces deux là sont amoureux. Et ils le savent. Il lui apporte des billets comme s’il lui offrait des fleurs.
- Ça y ’est, kapo ut…
La machine sonne. Vacarme. Gigi a tiré le jackpot.Elle murmure :
- Tu vas la quitter… bientôt ?
- Tu sais bien que...
Elle ramasse les jetons :
- Elle te gâche la vie, Jean. Tu l’as aimée trop tôt. Toute jeune, elle t’a vidé. Toi qui étais fait pour les sorties, les amours d’un soir, les parties de jambes en l’air, et les fumettes illicites…
Jean ne répond pas. Il s’enfonce dans un brouillard de Havane. Gigi lui rappelle sa vie médiocre :
- Et tu restes avec elle…lâche ! …vingt cinq ans avec cette conne… C’est même pas un arrangement familial, ce mariage… Au pire, on aurait pu dire : « il s’est marié pour plaire à papa, maman. C’était l’époque ». Manque de cul, t’es pas pardonnable … Tes parents, ils s’en foutaient… Ils étaient aux Salins. Ils n’étaient pas exigeants avec ton bonheur…
Ah ! Epoque bénie des Salins ! Tout le village du Grau, où Jean était né, était nourri par la récolte du sel. Les parents allaient à l’usine en vélo. Et l’enfant ne connaissait pas la contrainte. Livré à lui-même, il tirait les sonnettes, espionnait les voisins. Il resta longtemps un môme.
Jusqu’à ce que Laetitia arrive.
Alors il fit pêcheur.
Pour échapper au traintrain.
- Tu es resté avec cette sorcière, reprend Gigi, dans les filets de l’habitude, accro à ta vie plan-plan. Et moi qu’est-ce que je suis moi ?
Il ne sait pas quoi répondre, quoi penser, Jean. Il pense à sa chère femme étrangement endormie chez lui. Il pense à Laetitia, il pense à Gigi. Tout s’emmêle. Désarroi adolescent.
- Mais réponds ! Réponds ! Merde ! Tu me parles jamais de ça !Ne me dis pas que tu es heureux avec elle… même tes collègues en disent du mal.
Le khôl coule autour de ses yeux noirs.
- Dis, quand c’est que tu la quittes, Jean ?

A suivre...

la grande morte épisode 2




Casino 1996 - Olivier Rebufa.

Tirage baryté noir et blanc viré au sélénium pour conservation, retouché et signé par l’artiste. Environ 60x80 cm.
Nombre d’exemplaires : 5
Courtesy galerie Baudoin Lebon



Les lumières du casino sont exotiques. On n’a pas lésiné sur les tapis rouges et les lampes vertes. Gigi tire la poignée de la machine à sous en mordant sur le filtre de sa clope. Le filtre en est tout retourné, il en devient marron. La rage de jouer. La rage d’attendre. Elle a rendez-vous avec Jean.
Autour ça sonne et bourdonne. On échange des jetons. On ne se parle pas. On parle à soi et aux machines :
- Va s-y, putain, vas-y.
On est des ombres, on est la foule. On crie, on pleure, on reste impassible. Ça dépend des choix de nos personnalités. Les femmes portent des boas, des pantalons imitation serpent. Ça mâche des chewing-gums, ça fume, ça boit, ça rumine. Certaines bouches obscènes sont soulignées par des maquillages rougeâtres. Les hommes sont en costumes de pingouins. Ils se reconnaissent, se félicitent, se serrent la main. Tapes sur les épaules, et autre gestes virils. Des codes. Des hommes. Des femmes. Et des bandits manchots.

dijous, 14 de juny del 2007

la grande morte, épisode 1




" J’ai eu le courage de regarder en arrière
Les cadavres de mes jours"

Apollinaire.



Jean sort de l’avenue Pescalune. Quartier de la Grande Motte. La Chrysler va vombrissante. Le ciel : Un soir étoilé et chaud d’août. Sur l’avenue la voiture file. Les feux arrières et les veilleuses de la Chrysler dessinent des traits multicolores et rectilignes. Il allume une clope, les vitres ouvertes. Les cendres incandescentes sont des papillons de nuit oranges. Le peu de cheveux de sa tonsure s’éparpillent et se collent sur son crâne chauve. Miles Davis summertime. Au bord de l’asphalte les pins parasols défilent .
Jean Gòbi se dirige vers le casino. Sa femme restée à la maison dort d’un sommeil inquiétant. Il s’arrête au milieu de la route. On doit couper pour accéder au parking.
Clignotant.
Il coupe.

A suivre...

vienne, romanelli, sheller, barbara


Barbara
VIENNE
Barbara - R. Romanelli, 1972


Si je t'écris, ce soir, de Vienne,
J'aimerais bien que tu comprennes,
Que j'ai choisi l'absence,
Comme dernière chance,
Notre ciel devenait si lourd,

Si je t'écris, ce soir, de Vienne,
Oh, que c'est beau l'automne à Vienne,
C'est que, sans réfléchir,
J'ai préféré partir, et je suis à Vienne sans toi,

Je marche, je rêve dans Vienne,
Sur trois temps de valse lointaine,
Il semble que des ombres,
Tournent et se confondent,
Qu'ils étaient beaux les soirs de Vienne,

Ta lettre a du croiser la mienne,
Non, je ne veux pas que tu viennes,
Je suis seule et puis j'aime,
Être libre, oh que j'aime,
Cet exil à Vienne sans toi,

Une vieille dame autrichienne,
Comme il n'en existe qu'à Vienne,
Me loge, dans ma chambre,
Tombent, de pourpre et d'ambre,
De lourdes tentures de soie,

C'est beau, à travers les persiennes,
Je vois l'église Saint-Étienne,
Et quand le soir se pose,
C'est bleu, c'est gris, c'est mauve,
Et la nuit par dessus les toits,
Que c'est beau, Vienne,
Que c'est beau, Vienne,

Cela va faire une semaine,
Déjà, que je vis seule à Vienne,
C'est curieux, le hasard,
J'ai croisé, l'autre soir, nos amis de Luntachimo,
Cela va faire une semaine,
Ils étaient de passage à Vienne,
Ils n'ont rien demandé, mais ils se sont étonnés,
De me voir à Vienne sans toi,

Moi, moi, je me promène,
Je suis bien, je suis bien,
Si bien,
Je suis bien, si bien,
Et puis de semaine en semaine,
Voilà que je vis seule à Vienne,
Tes lettres se font rares,
Peut-être qu'autre part,
Tu as trouvé l'oubli de moi,
Je lis, j'écris, mais quand même,
Qu'il est long, l'automne à Vienne,

Dans ce lit à deux places,
Où la nuit, je me glace,
Tout à coup, j'ai le mal de toi,
Que c'est long Vienne,
Que c'est loin Vienne,

Si je t'écris, ce soir, de Vienne,
Chéri,
C'est qu'il faut que tu viennes,
J'étais partie, pardonne-moi,
Notre ciel devenait si lourd,
Mais toi, de Paris jusqu'à Vienne,
Au bout d'une invisible chaîne,
Tu me guettais, je pense,
Jouant l'indifférence,
Et tu m'as gardée, malgré moi,

Il est minuit, ce soir à Vienne,
Mon amour, il faut que tu viennes,
Tu vois, je m'abandonne,
Il est si beau, l'automne,
Et je veux le vivre avec toi,
Que c'est beau, Vienne,
Avec toi,
Vienne...

Que dalle ! : quand l'argot parle occitan

Que dalle” part d’un constat. La plupart du temps les gens considèrent que l’occitan, surtout sous sa forme actuelle, est fortement contaminé par le français. C’est un lieu commun qui a la vie dure car s’il est vrai en partie, il ne faut pas oublier que l’occitan et le français (et l’espagnol, le catalan, l’italien, le portugais…) sont des langues romanes avec un fonds commun important qui permet de passer de l’une à l’autre langue, surtout quand le monolinguisme typiquement français ne bloque pas le passage : attention (fr) atencion (oc) atención (esp) atenção (port.) attenzione (it).

On ne peut pas dire pour autant que ces langues imitent le français.
Surtout il convient de se garder d’un regard univoque : le français a certes influencé l’occitan, mais l’inverse est encore plus vrai (et d’ailleurs le français serait-il ce qu’il est s’il n’avait pas puisé sans retenue dans toutes les langues “régionales” de l’hexagone).

A toute les époques et pas seulement pour un lexique marginal ou vaguement folklorique. (Ce sera l’objet d’un prochain livre). Y compris dans un domaine aussi spécifique que celui de l’argot des truands, l’apport de l’occitan est considérable en quantité, et là aussi pour des termes importants : “mitan” et “pègre” sont deux termes d’origine occitane. “Arquer, baratin, casquer, empaffé, gaffe, maquer, prose...” pour ne citer que ceux-là, sont des mots occitans passés pratiquement tels quels, et sans grand glissement de sens d’une langue à une autre.
Pour les truands occitans “montés à la capitale” il suffisait en effet de parler dans leur langue pour crypter le message, et créer la complicité de corps. La communauté les a ensuite adoptés, sans grandes modifications. L’intérêt annexe de cette recherche est qu’elle montre l’aveuglement d’excellents spécialistes qui ne se sont pas posé la question de ce rapport à l’occitan et offrent parfois des explications étymologiques surréalistes.

Florian Vernet publie en même temps que son essai sur l’argot occitan un roman “J@rdin de las Delícias.com”.

Tèxte: Librarié Sauramps, a Montpelhièr.

dimecres, 13 de juny del 2007

Anthologie chantée des troubadours des XIIe et XIIIe siècles

Ce coffret de quatre CD n’est que le premier volume d’une Anthologie chantée des troubadours des XIIe et XIIIe siècles. Sept autres suivront d’ici fin 2008, toujours menés par le « chantador » Gérard Zuchetto, qui a passé l’essentiel de sa vie à ressusciter le répertoire de ces « inventeurs de la littérature moderne » dont la liberté de parole en occitan fut « un pied de nez au latin désuet des actes administratifs et des prières ».

Avec le Troubadour Art Ensemble et l’aide de la Région Languedoc-Roussillon, Zuchetto entend reprendre la totalité des chan­sons de ces héritiers de la poésie chevaleresque qui « critiquaient les rois et aimaient leurs dames ». Les voix rugueuses ou soyeuses restent au premier plan, en ­solo, sur un arrière-fond discret de vièles, harpes, luths, flûtes et percussions. Les styles varient, d’ornementations arabisantes en solennités empruntées aux chants d’église, de tonalités flamenques en tournures judéo-espagnoles. « Je poursuis celle qui est la plus arrogante envers moi / Tandis que je fuis celle qui me fut favorable », écrivait il y a une dizaine de siècles Bernart de Ventadorn, fils de serviteur devenu « courtois et instruit ».

Eliane Azoulay in Telerama, n°2996, p. 65, 13 de junh de 2007.

dimarts, 12 de juny del 2007

quatre libres












Lo meu blòg - Ma vida amb ieu ;-) / La vida de Méla me demanda...


4 libres de ma joinessa:

- Pinoqui, de Collodi dins una colleccion roja e aur que me crompava mon paire amé un molon d'imatges dau sègle 19.
- Un libre de piratas que sabe pas plus lo nom mai que m'avié pertocat. E qu'ai tornat trobat au concors d'admission de la FEMIS. Dins la satla ont passaviam lo concors d'escenario... Onte pensave de jogar ma vida... E lo libre èra aqui, que me susvelhava, dins un armari en vèire. Que m'esperava dempuèi l'enfancia. E que m'agachava susar sus ma copia (subjècte: marrida lenga).Gausère pas lo raubar. Auriéu degut. Me restarié aquo dau concors d'intrada a la FEMIS... E ma mameta fa de chivau.
- Totei lei libres d'Hergé e mai que mai lo precios Le Monde d'Hergé. Lo papet me crompava un Tintin per jorn a Saint-Agrève onte passaviam lei vacanças a la fresca (fa 23 jorns amé leis avis...) Lei quilhava dins leis aubres per leis escondre. E ma mameta fa de chivau.
- E Franquin creèt Lagaffe. Un libre que me balhèt lo gost a l'art, ais istorias e ai dessenhs.

4 escrivans que legirai encara e encara

- Florian Vernet ( l'òbra tota)

- Zola, L'Assommoir, per l'umor e l'utilizacion de la lenga verda... L'Obra... E tant d'autres...

- Céline.

- D'Arbaud.

4 escrivans que legirai pas mai:

Jamai dire pas mai.

4 libres que prendriái sus una iscla deserta:

- lo qu'ai pas escrich (per lo començar...)
- lei correspondéncias de Francés Truffaut.
- Boris Vian, Tèxtes e Cançons.
- Sergi Gainsbourg, Mon propre rotle, 1 e 2.


4 livres del molon que m'espèra....

- Que Dalle! de Florian Vernet.

- Je, François Villon, de Teulé.

- L'obra integrala de Simone de Beauvoir.

- Lo Decameronet, de Robèrt Lafont.


dilluns, 11 de juny del 2007

Sus lou mercat d'AM.

Sus lou mercat d'Am, sian passa emé mamé. Anavian is eleicioun. Quouro, subran, ausissèn uno musico. Soun d'Indian eisouti que jogon sus uno caisseto enregistrado. Ma grand que counèis rèn à la musico mai qu'a de longo desenveloupa uno sensebilita grando de dire: "Me fa langui. Ou qu'aquelo musico me fa langui'.
E mameto fa de chivau.

diumenge, 10 de juny del 2007

mortis-aigo

Mortes Eaux (Avignon)
Cette nouvelle création d'André Benedetto au Théâtre des Carmes relate un événement oublié de l'histoire : le massacre de travailleurs italiens à Aigues-Mortes le 17 août 1893 qui laissa neuf tués, cent blessés graves, dont plusieurs estropiés. Des pans entiers de l'histoire demeurés dans l'ombre, escamotés, des personnages laissés sur le bord du chemin parce qu'anodins ou considérés comme tels par les tenants d'une histoire officielle rien moins qu'exhaustive, formatée pour des manuels scolaires chargés d'en diffuser une vision unique, édulcorée, il en existe des milliers... Et c'est sans doute le rôle de l'écrivain ou du dramaturge que d'extirper d'un injuste oubli ces événements et ces personnages qui, à leur manière, peuvent témoigner de la dimension humaine de cette histoire, parfois qualifiée mais à tort de « petite », mais qui est porteuse, en vérité, d'une signification parfois autrement plus forte que l'histoire événementielle et officielle.

Se jogo dins l'estiéu au festenau "off" d'Avignoun....

couleitage 3

Magalouno, qu'es uno amigo, canto:

La Chanson d'Aigues-Mortes écrite par M. Jean Tournaire en 1936

Je suis de la ville aux 10 portes
J'ai vu le jour à Aigues-Mortes
Pays aux nombreuses tours
Pays que j'aime avec amour
Levant les yeux pleins de lumière
D'une voix joyeuse et fière
J'ai le ventre bleu, criais-je à papa
Je suis d'Aigues-Mortes, du midi et puis voilà ...

Je suis d'un pays de jolies filles
Où elle sont toutes gentilles
Le soir aux pieds des remparts
On s'attardait souvent le soir
Sans faire de chichis et de manières
Le rendez-vous était la Poudrière
J'y vais, tout le monde y va
De mon temps on s'aimait comme ça
Je suis d'Aigues-Mortes , du midi et puis ça va ...

Après la sel et la vendange
Sans que rien ne vous dérange
Nous la voulons, il nous la faut
La foire et ses beaux taureaux
Bandido et Abrivado
Chacun chante sa sérénade
Moi j'y vais et tout le monde y va
Je suis d'Aigues-Mortes, du midi et puis voilà ...

Ma marraine le Tour de Constance
A dirigé toute mon enfance
Mon parrain le grand Saint Louis
M'a protégé et j'ai grandi
Cela n'a pas été sans peine
Car j'ai pas mal fait de fredaine
Aujourd'hui ça ne se connait pas
Je suis d'Aigues-Mortes, du midi et puis voilà ...

Je suis d'un beau pays de chasse
Mais attention au coup de masse
Lapins, sarcelles et perdreaux
Nous trions tout ce qu'il y a de plus beau
Si vous croyez que j'exagère
Regardez donc ma carnassière
Si c'est un scorpi, on ne le dit pas
Je suis d'Aigues-Mortes, du midi et puis voilà ...

Et quand viendra ma dernière heure
Me conduisant à ma demeure
A l'ombre de nos grands cyprès
Au boulevard des allongés
La foule émue et recueillie
Dira après la cérémonie
C'était un brave gentil petit gars
Il était d'Aigues-Mortes, tron de mille et puis voilà !!!

Mai iéu fau pas de chivau

couleitage 2

Ma grand canto "sis iue ié beluguejon..."
E moun grand fasié de chivau.

Aqui li paraulo e sa particioun:

http://www.dogues-allemands.net/creche06/dinsunocabaneto.htm

couleitage

Moun grand cantavo:
"iéu se poudriéu cagariéu dins mi braio
moun quiéu es miéu e mi braio soun pagado"
E ma mameto fa de chivau.

Reggiani

Reggiani: Lo disc de la descubèrta. Lo disc dau paire. Amé Gainsbourg, Vian, e lo grand Labadie per sa promièra cançon: Le Petit Garçon, mèna d'escenario de cinèma de doas minutas...
La mort dau grand dins Libé.

Reggiani sus scèna.



Leis indispensablas fotografias Harcourt... Per lei cinefils...




E lo generic d'un filme mitic...

D'agachar sus:

http://www.france5.fr/programmes/index-fr.php?affnum=006865&prgnum=0&numcase=196&date=25-06-2007&plage=1200-1900


Un grand e bèu documentari de descubrir sus França 5 aquesta passa.


Difusions:
Dijous 14 de Junh - 21:45 SERGE REGGIANI, IL SUFFIRAIT DE PRESQUE RIEN...
Diluns 25 de Junh - 15:38 SERGE REGGIANI, IL SUFFIRAIT DE PRESQUE RIEN...

divendres, 8 de juny del 2007

Amor doloroso



Es lo darnier opus dau grand Jaume.
Lo 15 devriam anar l'escotar amé Delfilm.
Vos aconselhe sa darnièra cançon Amor Doloroso.

http://musique.fluctuat.net/Jacques-Higelin/discographie.html

Faire la crotz



Dos filmes tenguts per l’idèia de la mòrt. Dos filmes sus lo camin dau dòu. Dos filmes escrichs per Cristòu Honoré. Dos filmes indispensables l’un a l’autre. Faire la crotz. Crotz mairala. Crotz amistadosa. Crotz amorosa. Amé lei transmudacion necessarias qu’aquò nos impausa. Catarina Deneuve amé la masca de la tragedia. Loís Garrèu amé lo còs d’un grand actor dau mut. E Paris e Lion, aquestei vilassas qu’òm tòrna descubrir per d’agach novèus. Violéncia, cançons, lagremas, lagremas e lagremas. Un cinèma joine, contemporanèu e coratjós. Amé lo tristum e l’amarum que vos perseguis tota la nuech. Dos filmes de vida(s).

Lei Cançons d'Amor/ Les Chansons d'Amour

Filme francés ( 1 o 40)

De Cr. Honoré

Escenario: Cr. Honoré.

Musica: A. Beaupain

Amé: A. Beaupain, L. Garrel, L. Sagnier, Cl. Hesme, C. Mastroianni, Gr.Leprince-Ringuet, Br. Roüan.


Après èu / Après lui

Filme francés ( 1 o 27 )
Escenario: G. Morel Cr. Honoré
Amé C. Deneuve, T. Dumerchez, G. Marchand, E. Bouchez, E. Medeiros.


La conferéncia de Premsa dei Cançons d'Amor au festenau de Canas:

www.youtube.com/watch?v=0d-T1gs9znU

http://www.youtube.com/watch?v=EuzZ-8zz6kI

dijous, 7 de juny del 2007

sarié temps de tornar au cinèma


Amé l'angoissa dau mes de junh sarié benlèu temps de tornar au cinèma. Dins lo cinèma d'Art e d'Ensag de la vila d'Agradà dos filmes francés (oc, vese ton morre Mela...): Lo promier d'un actor e d'un realizator flame: Gaèu Morrèu (a mon atge) Aquèu que jogava dins lei Canèus Sauvatges de Téchiné. Amé Catarina La Granda dins lo rotle de la maire perduda. Un filme a la Cassavetes?

Puèi lei Cançons d'Amor que lei critics son unanims. Una comedia musicala a la Demy (espère que sarà pas una marrida imitacion...). Vos farai lèu lo rendut-compte...

Una tantossada dins lo negre per faire passar leis idèas negras (e blancas?)...


Vaqui la benda-anoncia:
http://www.premiere.fr/premiere/cinema/films-et-seances/bandes-annonces/video/les-chansons-d-amour




E... A! A! A! Vaqui ço que ditz lo jornau L'Humanité :



Lo jornalista Joan Roy conta, a prepaus dei Cançons d'Amor:


"Tout cela est d'une fraîcheur exquise. Un bel hommage à un cinéma qui n'est plus en même temps qu'un film si contemporain qu'on y voit Sarkozy en affiche. "

Longa mai! As 30 ans! Longa mai!

Per bufar la candela, clica aqui:

http://www.youtube.com/watch?v=hjs07n1sGpw

dimecres, 6 de juny del 2007

lei lumes de l'eden



Es lo cinema mai vielh dau mond. S'i difusèt leis films dei fraires Lumière. Après de longueis obras, l'ex-Eden Tiatre de la Ciotat, tornat baptejat Lei Lumes de L'Eden, vèn de dubrir sei portas. E podètz li anar per trin...

http://www.leslumieresdeleden.fr/

Prougramacioun culturalo e artistico de l'estiéu à Tam





Sensa oblida la granda Sandrina Allary ! Clicatz aqui: membres.lycos.fr/sandrineallary/

E lo grand orquèstre de http://www.laurent-comtat.com/



Bill Clinton a dich...

"Je crois que j'ai un coup de pompe".
(Phrase historique prononcée derrière le bureau ovale)

Une maladie prestigieuse

D'après un site scientific. Siéu pretigios!

"Le syndrome de fatigue chronique est né au milieu des années quatre-vingt. Officiellement, il touche 100 000 personnes environ aux États-Unis (et plusieurs millions d'après les associations), et il est devenu une maladie prestigieuse parce qu'il frappe des personnalités comme la chanteuse Cher. On a soupçonné le président des États-Unis, Bill Clinton, d'être atteint de ce mal mystérieux."

dimarts, 5 de juny del 2007

Vaqui lo marrit mes de junh


Au burèu de l'Agéncia de Viatge en junh es la chauchavièlha. Lei gents fan lo morre an pas plus enveja de trabalhar, de dubrir lei burèus, de s'assetar dins lei burèus, susan coma de calucs davans lei practicas impassiblas que pensan pas qu'a una causa: adobar sei vacanças amé un yatch (pareis que se ditz "yot") come es de moda. "E per faire lo footing (vo lo jogging, sabe jamai) coma farem? Sus l'empont dau Yot?". Question existenciala per 70 % dei Francés.
Es lo rambalh. N'i a que cridan. Que lei reservacions va pas pron lèu. E que sarà fotut per agost. Escotan pas. Escotan pas lo nom dei vaccins que fau faire, lo reglament dau vilatge de vacanças ("jamai s'aprochar de la forèst deis uelhs perduts", i a sèmpre una blondassa que lo farà pasmens). Es la bolegadissa, l'overdosi dau clientelisme. Trabalhar plus per ganhar plus... Te cresi! Aqui es trabalhar per lei vacanças deis autres.... Rhaaaaaaaa! Per un pauc, lei practicas de l'agéncia de viatge t'escamparian de boletas... ou! siam pas au collègi! L'auretz lo yop, lo yot, lo sabe pas que...

dilluns, 4 de juny del 2007

Lis aventuro ( à l'aigo ) d'Indiana



Se remembravo d'un tèms ounte raubavo li jouvènto de liano en liano. E que parlavon pas. Cridavon. Se remembravo, aquesto nieu d'aqui, coume badavon sus soun passage (degun se remembro pas d'aco, mai èu se remembravo). E de sis esplé dins li lié di ribièro (aco's de cinèma, segur). Eron dins la fourèst dis ieu perdu. Aquesto cop avié leva uno poulido en dangié e pèr se sauva avian près quaqui poucioun magico pèr lucha countre li marrit sort de l'agach dis autre. Lou bosc èro poupla d'ieu estrange. Un fun d'ieu blanc dins la fourèst negro. e uno masco dins un bar tambèn perdu au mitan d'en lio que se disié la Cagolo Marsihèso, diguè:
- Ou! Pèr escapa is ieu estange di mounstre missan. Fau prene de poucioun!
Lou bar èro de fusto. Aluca per un redound de lume. Envirouna d'aubre que te dounavon la cagagno tant qu'èron grandas e croucu. Boooooooooou. Eron li soulèto pratico. Escoutèron la masco. E vaqui que te pague de poucioun. L'un, l'autre. E Indiana, dins un elan furious, prenguè la poulido. O! La poucioun fasié sis efié. Ero terrible. Pèr s'ecapa, trauquèron li baoubab gigant, li liano en fourmo de serp, e quitèron lou bosc dis iue perdu. Tout aco mena pèr lou grand Indiana. Mai quouro se troubèron dins lou lié de la ribièro que falié trauca pèr arriba à l'Isclo dou Bounur (es coume aco que se disié lou vilage de vacanço) la chatouno coumencè de repoutega:
- Siés pas proun grand, sabes pas carreja mi malo! Siés-ti bèn Indiana? E poudriés pas me prene dins ti braç coume un aventurié?
Ero uno ribièro que se traucavo à pèd. E coume avié pas pèd, qu'au burèu de l'agènci de viage li disian "Passa-Partout" à raport dou nan de Fort Boyart, poudié pas respondre: sa bouco èro dins l'aigo: fasié de bulo quouro ensajavo de parla. De tout biais, la poulido lou destimbourlavo. Ero uno masco o qué? Enfin, falié, èro la missioun de l'agèncio de viage, la tourna vivo au vilage de vacanço de l'Isclo dou Bounur.
Pèr li faire plasé, assajè de la prene dins li bras. Un bras, li malo. L'autre bras, la chato. A drecho li malo (es materiau). A senèstro la chato (es mai uman).
E plourejavo, la chato:
- Ai! Mai couquin de sort! Me fas tras que mau! Ma raubo! Ai! Ma raubo!
Plourejavo:
- Boooouuuuuuuuuuu! Se van rire de iéu quouro me veiran arriba au vilage de vacanço! Se van trufa! Moun brouching es foutu en causo de l'aigo. Auriéu degu resta dins lou bosc!
Indiana li faguè aremarca qu'èro un pau bloundo (èro verai). On a jamai fa de cous de terraio à la Fourèst dis Iue perdu e qu'avié pas mes si lentiho de visto quouro avié legi li prougramacioun dou jour sus lou Velleda. Lou cous de terraio au vilage de vacanço se fa toujour dins la caso dou G.O principau. Qu'es lou capoulié di G.O. Avié degu s'engana de rego. La bloundo li diguè que s'èro engana sus soun sort. Que lou vesié mai erouic. E que s'èro enganado voulountié d'endré pèr se faire sauva pèr Indiana lou grand. Ah! Ero bèn decebudo!
Lou vièi Indiana, aclapa pèr li reacioun UMP de sa coumpagno, l'escampè dins l'aigo. Faguè cabussa la roumpi-figo, e sens se n'avisa ié toumbè li malo dessus. Auvàri de travai. Vaqui ço que marcarié sus la ficho de l'agèncio. En mai d'aco gagnarié de dardeno. Sarié belèu remboursa pèr la MAIF, qu'es tambèn l'asseguranço di agèncio de viage. Salouparié d'Indiana! Sauvavo li moble de sa reputacioun. Rintrè au club en pensa au tèms ounte raubavo li jouvènto de liano en liano. E que parlavon pas. Cridavon.



Lou pichoun cap

Lou pichoun cap es aquèste que fa jamai d'errour. Qu'es segur de tout, lou pichoun cap. Manco jamai l'ouro. A pas manca sa vido amourouso, coume sa vido proufessiounalo. Es blound. Es lou pichoun cap. Parpelejo coume un papaioun. Moun pichoun cap. A pas de defau, e lou dis: "N'ai pas". Quouro assajes, n'a pas. Coume m'avié pessuga durènt un acamp sendicau aviéu assaja de lou pessuga à moun tour. E bèn! Noun! Noun! Noun! Es lou meiour. Es lou grand pichoun. Lou grand Pichoun Cap. Merdoum. Belèu que me legis... Legis-ti Prouvençau? Nourmalamen o, e legis lou grec ancian, lou sentisse bèn... Fai pas bon de pas èstre cap dins l'agènci de viage de Tam...